FRANÇOIS BACON
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procès intenté à un vieil ecclésiastique, Peacham, pour unsermon qu’il n’avait jamais prononcé, fut encore l’œuvre deBacon . Le vieux prédicateur alla finir ses jours dans les fers.
Il serait trop long de citer d’autres faits de la même nature.Pour caractériser sa conduite et sa façon de penser, il noussuffira de rappeler un mot de Bacon lui-même. Le grand chan-celier, lord Ellesmere , était alors très-malade. Bacon , sansattendre davantage, écrivit au roi, pour demander sa place,et il ajoutait que ce qu’il pouvait lui offrir, c’était gloria inobsequio (de chercher sa gloire dans l’obéissance). C’était lemot honteux d’un ami de Séjan , qui voulait se justifier devantTibère , et il résumait à merveille l’avilissement d’esprit denotre ambitieux personnage.
Lord Ellesmere ne mourut pas ; mais le roi, se souvenantdes promesses de Bacon , le nomma, en 1016, membre du conseilprivé, tout en lui laissant sa place déjugé.
C’est à cette époque que Bacon fit au roi une proposition,qu’il renouvela plusieurs fois, mais qui ne fut jamais acceptée :celle de faire un code des lois anglaises. Ce projet, s’il avait étéadopté, aurait été devant la postérité le seul titre de gloire duroi Jacques 1 er .
L’ambition de Bacon grandissait à mesure quelle était satis-faite. Il voulait absolument devenir chancelier, comme l’avaitété son père, et comme la reine Elisabeth le lui avait préditdans son enfance. Le chemin le plus sûr pour atteindre aubut si désiré, c’était de se concilier la protection du nouveaufavori, le duc de Buckingham. Ce dernier parut flatté de seshommages, et Bacon s’empressa, en retour, d’offrir ses con-seils partout où ils étaient ou n’étaient pas nécessaires. Ilcomposa, à l’usage de son protecteur, un petit Traité de la•pratique du gouvernement.
Il obtint, pour sa première récompense, le bonheur de sevenger de son ennemi constant, de sa bête noire, sir ÉdouardCoke. La grande réputation d’Édouard Coke, comme juriscon-sulte, semblait le désigner à la succession de lord Ellesmere .Aussi Bacon fit-il tout ce qui était en son pouvoir, pour lerendre suspect au roi. Il fit comprendre à Jacques I er le dangerqu’il y aurait à confier le grand sceau à un homme que soninflexible et constant amour de la justice avait rendu populaire.