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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
aristotélienne, qui retenait les esprits dans l’ornière du passé.
La seconde partie de Y Inslauratio magna, c’est-à-dire leNovum organnm, renferme une méthode neuve et originale,destinée à remplacer la méthode d’Aristote , c’est-à-dire l'Or-gano'n du philosophe grec, reconnu insuffisant. C’est la logiquedes faits, la philosophie de l'invention. Ce qui jusque-là étaitl’œuvre du hasard, sera dorénavant soumis à des principesréguliers. La méthode inductive est, selon Bacon , destinée ànous rendre maîtres de la nature, car le savoir est une force.Il faut, selon lui, pour étudier la nature, oublier toutes lesnotions préconçues, et entrer de plein saut, dans le cœur de cequi existe. L’expérience, dit-il, est le principe de la science,l’invention en est le but. L’invention est un art qui se distinguedes autres, par cette différence que ceux-ci créent le beau parl’imagination, tandis que l'invention crée l’utile par la raison.Mais cet art ne saurait dériver de l’ancienne logique d’Aristote ,de l’ancien Organon , dont les points de départ sont des notionsà priori, qui devancent la nature au lieu de la suivre, et qui nepeuvent expliquer les choses qui existent. Appuyée seulementsur la dialectique et sur le syllogisme, la science ne peutavancer d'un pas ; elle ne fait, au contraire, que consacrerl’erreur en tournant toujours dans le même cercle. Il fautobserver directement, connaître les phénomènes, instituer desexpériences, sans se préoccuper de vues anticipées, d’intentionssupposées, et ne chercher à connaître que les causes efficientesdes phénomènes naturels. C’est là ce qui constitue Y inductionque Bacon oppose au syllogisme, principe de Y Organon d’Aris tote . Le Novum organum donne donc la clef de toutes lesproductions de Bacon .
Toutefois l’auteur n'entend pas se borner à montrer le che-min ; il veut marcher lui-même. Pour appliquer sa méthodeà l’observation de la nature, il sent la nécessité de fournird’abord les matériaux empiriques. C’est là l’objet de la troisièmedivision de son grand ouvrage, Y Histoire naturelle, qui devaitse composer d’une collection, aussi complète et exacte que pos-sible, de faits d’observation relatifs à toutes les branches dessciences. Dans cette partie, Bacon ne voulait pas encore remon-ter philosophiquement aux causes premières des phénomènes;il voulait seulement collectionner les faits.