Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
276
JPEG-Download
 

276

SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

aristotélienne, qui retenait les esprits dans lornière du passé.

La seconde partie de Y Inslauratio magna, cest-à-dire leNovum organnm, renferme une méthode neuve et originale,destinée à remplacer la méthode dAristote , cest-à-dire l'Or-gano'n du philosophe grec, reconnu insuffisant. Cest la logiquedes faits, la philosophie de l'invention. Ce qui jusque- étaitlœuvre du hasard, sera dorénavant soumis à des principesréguliers. La méthode inductive est, selon Bacon , destinée ànous rendre maîtres de la nature, car le savoir est une force.Il faut, selon lui, pour étudier la nature, oublier toutes lesnotions préconçues, et entrer de plein saut, dans le cœur de cequi existe. Lexpérience, dit-il, est le principe de la science,linvention en est le but. Linvention est un art qui se distinguedes autres, par cette différence que ceux-ci créent le beau parlimagination, tandis que l'invention crée lutile par la raison.Mais cet art ne saurait dériver de lancienne logique dAristote ,de lancien Organon , dont les points de départ sont des notionsà priori, qui devancent la nature au lieu de la suivre, et qui nepeuvent expliquer les choses qui existent. Appuyée seulementsur la dialectique et sur le syllogisme, la science ne peutavancer d'un pas ; elle ne fait, au contraire, que consacrerlerreur en tournant toujours dans le même cercle. Il fautobserver directement, connaître les phénomènes, instituer desexpériences, sans se préoccuper de vues anticipées, dintentionssupposées, et ne chercher à connaître que les causes efficientesdes phénomènes naturels. Cest ce qui constitue Y inductionque Bacon oppose au syllogisme, principe de Y Organon dAris­ tote . Le Novum organum donne donc la clef de toutes lesproductions de Bacon .

Toutefois lauteur n'entend pas se borner à montrer le che-min ; il veut marcher lui-même. Pour appliquer sa méthodeà lobservation de la nature, il sent la nécessité de fournirdabord les matériaux empiriques. Cest lobjet de la troisièmedivision de son grand ouvrage, Y Histoire naturelle, qui devaitse composer dune collection, aussi complète et exacte que pos-sible, de faits dobservation relatifs à toutes les branches dessciences. Dans cette partie, Bacon ne voulait pas encore remon-ter philosophiquement aux causes premières des phénomènes;il voulait seulement collectionner les faits.