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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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FRANÇOIS BACON

tu juges l'hypocrisie, tu pèses comme dans une balance les libres penséesdes hommes et leurs actions, tu mesures, comme avec une règle, tousleurs desseins, et ni leur vanité, ni leur perversité ne peuvent téchapper.Daigne te rappeler, ô Seigneur, quelle marche a suivie ton serviteur àton égard; souviens-toi de mes premières recherches et de mes premièresintentions. Jai chéri tes fidèles, jai déploré les divisions de ton Église,je me suis plu dans léclat de ton sanctuaire. Ta création et surtout tasainte Écriture ont été le livre de mes méditations ; je tai cherché dansles cours, dans les champs et dans les jardins ;mais je tai trouvé dans tontemple. »

Il serait facile de multiplier les citations pour disculperBacon du reproche dathéisme, qui lui a été adressé par lecomte Joseph de Maistre , dans son Bxamen de la philosophiede Bacon, livre rempli dexagérations et dinjustice.

Une accusation mieux fondée a été formulée, de nos jours,contre le philosophe anglais, par M. de Liebig, qui a cherché àamoindrir les mérites de Bacon , en insistant sur les défauts deson caractère et sur son ignorance absolue des faits scienti-fiques. Le chimiste de Berlin a beau jeu en prenant pour texteY Histoire naturelle de Bacon , lon trouve des passages quiferaient sourire un écolier daujourdhui. Létat de la sciencecontemporaine nexcuse pas de telles erreurs, et il faut recon-naître que Bacon manquait, en physique et en mathématiques, deconnaissances premières. Il ne pouvait pas être en même temps,larchitecte et louvrier, mais il fut excellent architecte, puis-quil édifia un système philosophique irréprochable.

« On cherche en vain chez Bacon , dit M. de Liebig, ce feu sacré, cettepassion de la science qui anima les vrais grands hommes, les Kepler, lesGalilée , les Newton. Poursuivis et méconnus, ils n'ont jamais rabaissé lemérite des autres, et jamais lidée ne leur est venue de réclamer la ré-compense ou lapprobation de la multitude pour des travaux qui portenteux-mêmes leur récompense. A côté de ces grands génies, Bacon noussemble le charlatan, le pitre, qui, debout devant sa boutique, insulte lesconcurrents, exalte ses cures, et crie ses mixtures avec lesquelles il pro-met de ressusciter les morts et de bannir du monde toutes les maladies. #

Ces paroles, outre quelles sont de mauvais goût, sont tropsévères. Il est vrai que Bacon , contemporain de Harvey, qui dé-couvrit la circulation du sang, et de Kepler, qui trouva les loisdes mouvements célestes, ne tint jamais aucun compte de cesimmortelles découvertes. Il allait jusquà nier le mouvement de