HARVEY
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grand esprit du dix-septième siècle, Descartes , se chargea dele défendre, et il y réussit de tous points.
Ce ne fut pas seulement en France et en Angleterre, que ladoctrine de Harvey rencontra une vive opposition. GaspardHoffmann, professeur à la faculté d’Altorf , fut un de ses pluscélèbres détracteurs. Il croyait à la petite circulation, mais ilne voulut jamais se rendre à l’opinion de Harvey, bien que l’au-teur lui-même eût consenti à le rendre témoin des expériencesles plus démonstratives, lorsqu’il accompagna lord Arundel ,envoyé comme ambassadeur auprès de l’empereur Ferdi nand II .
Heureusement tous les docteurs allemands ne suivirent pasl’exemple de cet entêté. Rolfink, professeur à la Faculté d’Iéna,et l'un des plus habiles anatomistes de son temps, déclara pu-bliquement son adhésion à la nouvelle doctrine, et lui attiraainsi un grand nombre de partisans.
La conversion de Plempius , professeur à l'Université de Lou vain , fut tout aussi éclatante et d’un aussi bon exemple. Aprèsavoir été un des adversaires les plus acharnés de Harvey,Plempius , en 1G52, abjura son erreur, et rendit un hommagepublic à son génie, en se déclarant son partisan le pluszélé.
Le plus grand mérite des travaux de Harvey sur la circu-lation, c’est qu’ils n’étaient que le résultat de l’observation etde l’interprétation des faits en eux-mêmes. La preuve la plusbrillante en fut donnée après lui. Ilarvey, par ses expérienceset ses raisonnements, avait été amené à admettre l’existencedes vaisseaux capillaires dans l’intimité des organes. Il les avaitdevinés, car il ne les vit jamais. Ce ne fut que dix années aprèsla mort de Harvey que Malpighi donna une magnifique confir-mation à sa théorie en découvrant les vaisseaux capillaireset constatant de tisu le passage direct du sang artériel dansle réseau capillaire, passage que Harvey avait proclamé commeréel sans l’avoir vu. Le microscope, qui venait d’être construiten Hollande, permit à Malpighi de réaliser cette découvertefondamentale.
Toutes les discussions amenées par ses découvertes, et surtoutla mauvaise foi de ses adversaires, avaient beaucoup affligéHarvey. De plus, il se voyait abandonné de presque tous ses