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SAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIÈCLE
malades, qu’éloignait de lui l’opposition sourde et occulte deceux qui n’osaient lutter avec lui â visage découvert (1). Desplaintes furent même portées contre lui, devant le roi; maisCharles I er , qui connaissait et estimait le mérite de son médecin,l'honora toujours d’une bienveillance marquée.
Ce fut grâce à la protection royale que Harvey put se livrerà des recherches qui devaient ajouter un nouveau fleuron à sacouronne de savant. Nous voulons parler de ses expériences surla génération. Charles I er , voulant faciliter les expériences queHarvey avait commencées sur la génération chez les animaux,mit à la disposition du grand physiologiste tous les ruminants,d'espèces variées, que renfermait le parc de son château de"Windsor.
Harvey pratiqua de nombreuses vivisections, pour constaterl’état des organes de la génération, aux diverses époques de laparturition chez les animaux. Ses expériences portèrent surdes animaux de toutes classes, depuis l’insecte jusqu’aux mam-mifères. Les biches du parc de Windsor, que Charles I er luiabandonnait, servaient particulièrement à ses expériences.
La guerre civile vint surprendre Harvey au milieu de sestravaux. En 1642, Charles I er , chassé de sa capitale par sessujets révoltés, fut forcé de s’enfuir en Ecosse . Harvey, fidèleà ses principes, resta attaché au roi pendant la longue et mal-heureuse guerre qu’il eut à soutenir contre les partisans deCromwell .
Pour récompenser sa fidélité, Charles I er , pendant un descourts moments d’autorité que lui donna la guerre civile,nomma Harvey doyen du Collège de Merton, à Oxford, enremplacement de Brent, qui avait embrassé la cause du par-lement.
Harvey ne jouit pas longtemps de cet honneur. Charles I er ,forcé de s’enfuir de nouveau, et battu en plusieurs rencontres,traqué par les troupes de Cromwell , fut enfin vendu par lesEcossais, auxquels il s’était confié. Oxford s’étant rendu auxtroupes du Parlement, Brent fut rétabli dans ses fonctions parle parti victorieux.