Buch 
4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
Seite
295
JPEG-Download
 

HARVEY

293

firent se vengea lâchement de celui qui avait occupé un mo-ment son poste. Il signala son retour par de coupables excès.Il excita les paysans et les habitants contre le malheureuxHarvey. La multitude ameutée alla jusqu’à piller et incendiersa maison.

Cet événement lui porta un coup funeste. Sa maison repré-sentait presque toute sa fortune, et une perte plus grandeencore était l’anéantissement He sa bibliothèque, qui contenaitles observations sur la génération qu’il avait recueillies pendanttant d’années. Tout cela fut brûlé, avec plusieurs autres ou-vrages manuscrits.

Ainsi le noble dévouement de Harvey à la personne du roi,et sa fidélité à ses convictions consommèrent sa ruine.

Ses frères, dont le commerce avait prospéré, parvinrent heu-reusement, en l’intéressant dans leurs spéculations, à lui re-constituer bientôt une petite fortune.

Harvey, que la mort tragique de son protecteur, Charles I er ,avait accablé de chagrin, s’était retiré à Lambeth, où il menaitune vie solitaire, faisant de l’étude son unique distraction. Ilne quittait ses livres que pour aller passer, chaque année,quelque temps à la campagne, chez un de ses frères, près deRichemond. Il n’oublia jamais ceux dont l’affection et l’appuil’avaient soutenu dans les moments de luttes et d’ennuis. Ensouvenir de la bienveillance que lui avait témoignée le Collègedes médecins de Londres , lorsqu’il était en butte à toutes lesattaques, il consacra une partie de sa nouvelle fortune àfaire construire un bâtiment pour la salle des séances, lescollections et les livres de cette savante assemblée. Il lui offritaussi une nouvelle collection d’instruments et de livres, etfonda une rente de cinquante-six livres sterling, destinée auxappointements du gardien de la bibliothèque et à subvenir auxfi ais de la séance publique qui devait avoir lieu tous les ans, etdans laquelle on devait prononcer l’éloge d’un des bienfaiteursde la compagnie. Cette salle fut inaugurée en 1055.

Voulant donner à Harvey un témoignage de reconnaissanceet de respect, le Collège des médecins l’appela, à l’unanimité,l’année suivante, à la présidence de son assemblée. Lorsque ladéputation chargée de lui annoncer le vote de la compagnie, seprésenta chez lui, Harvey lui répondit : « Je vous remercie,