HARVEY
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et les cellules de l'oviducte et revêt ainsi l 'albumen. Harveypasse ensuite à l’œuf incubé, et il suit jour par jour le dévelop-pement du jeune oiseau.
Harvey reconnut, le premier, que la coquille de l’œuf estporeuse, et qu’elle laisse passer l’air nécessaire à la respirationde l’oiseau qu’il renferme. Il décrivit le premier exactement, lachalaze, c’est-à-dire les cordons qui tiennent le jaune suspendudans l’œuf, et qui se trouvent à chacune de ses extrémités.Il montra que cette membrane existe dans tous les œufs, fé-condés ou non, contrairement à l’opinion de Fabrice d’Aqua-pendente, qui le regardait comme le germe même du petit.
Mais la découverte la plus importante de Harvey sur cettematière, c’est d’avoir trouvé le véritable rôle de la cicatriculc,dans laquelle sont contenues toutes les parties du futur animal.
« Cette petite tache, dit-il, s’agrandit des le commencement de l’incu-bation; au bout de deux jours, elle a déjà atteint la grandeur de l’ongledu petit doigt et on la voit se dédoubler en deux ou trois cercles concen-triques. A la fin du troisième jour, on observe au centre de la cicatriculeun point rouge palpitant, que l’on a appelé le punclum rubrum puisons,qui n'est autre chose que le premier rudiment du cœur. »
La seconde partie de l’ouvrage est consacrée à la générationchez les animaux vivipares. L’animal sur lequel Harvey expé-rimenta le plus et qu’il prend comme type, c’est la biche. Ilcompare l’utérus de cet animal à celui de la femme ; mais il n’apas suffisament connu les fonctions des ovaires, ni leur consti-tution. Il a pourtant remarqué que l’œuf se développe dansles cornes de la matrice, et qu’il existe dans l’œuf des mammi-fères quelque chose d’analogue au vitellus des oiseaux. Etu-diant ensuite le développement du fœtus chez l’homme et lesanimaux, mois par mois, Harvey démontre que l’œuf chez lesvivipares n’est formé que plusieurs jours après l’accouple-ment.
Nous ne pousserons pas plus loin cette analyse des travauxde Harvey sur une question trop spéciale pour être examinéeici dans ses détails. Nous donnerons seulement la conclusionfinale, qui réunit tous les travaux de Harvey, et qui est restéecélèbre en physiologie, car elle constitue un des axiomes lesplus vrais et les plus féconds de la science moderne. La conclu-