ROBERT BOYLE
I
Robert Boyle se place sur la limite qui sépare les savantsde la Renaissance de ceux du dix-septième siècle. Au com-mencement de sa carrière, il est encore imbu des vagues prin-cipes de la chimie hésitante de Paracelse et de Libavins; maisbientôt les travaux de Galilée et de Iieppler, les ouvrages duchancelier François Bacon, en Angleterre, et de Descartes , enFrance , lui tracent une autre voie, et il s’y engage avec ardeur.Apôtre de la révolution scientifique inaugurée par ces grandshommes, Boyle applique à la physique et à la chimie les prin-cipes de la philosophie nouvelle. R examine, il scrute les faits 'naturels; il soümet tous les phénomènes du monde physique àses investigations, à ses expériences, et, la balance à la main,il transporte dans la pratique les principes de Descartes , deBacon et de Galilée . Tel est le caractère et tel est l’intérêtque présente la physionomie du savant que nous avons à dé-peindre.
Ce que Tycho-Brahé avait fait, au seizième siècle, pour l’as-tronomie, Robert Boyle , à certains égards, le fit, au dix-sep-tième siècle, pour la physique, la chimie, l'histoire naturelle.