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4 (1869) Savants du dix-septième siècle : Keppler, Galilée, Descartes, F. Bacon, Harvey, Tournefort, Huygens, Denis Papin, van Helmont, Robert Boyle, Nicolas Lémery, Blaise Pascal, Fermat Désargues, Cassini / par Louis Figuier
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SAVANTS I)U DIX-SEPTIÈME SIÈCLE

jouer, ne léclairaient d'une vive lumière. Tous les ustensilesde la chimie du temps, aux formes souvent bizarres, se voientici. Les athauors, les cucurbites, les alambics, les bains-marieet bains-de-sable, les soufflets de forge, les creusets, les mi-roirs concaves, pour réfléchir les rayons solaires, les lentillesde cristal, pour la concentration des mêmes rayons, les bas-sines, les spatules, en un mot, tout lattirail chimique etpharmaceutique du temps, sont rangés méthodiquement autourdune énorme cheminée. Au milieu de tout cela, le jeune pro-fesseur , sur lequel tous les regards sont fixés, expose lesexpériences et acquisitions nouvelles de la chimie. Il parle destravaux de Glazer, des découvertes de Glauber , des observa-tions de Robert Boyle , de Ivunckel et de Ilomberg. Lauditoire,suspendu à ses lèvres, ne se sent pas de surprise et de joielorsque Nicolas Lémery met sous ses yeux quelque échantillondu phosphore de Kunckel, et le rend témoin des étranges phé-nomènes auxquels donne lieu linflammation subite de ce pro-duit au contact de lair, expérience quil sait graduer et varierde mille façons, en véritable artiste. Mais lauditoire estréellement charmé, parce quil a la conscience dêtre initié àlune des grandes vérités de la chimie nouvelle, cest lorsqueLémery , se servant dune épaisse lentille de cristal, pour con-centrer les rayons solaires, transforme subitement un métal,tel que lantimoine, le plomb ou létain, en un produit nouveau,absolument dépourvu des propriétés métalliques, en un oxt'de,ou plutôt en une chaux, comme on lappelait alors, et démontre,selon les principes de Jean Rey, que cette transformation enchaux tient à ce que le métal a absorbé une partie de lair, etque, suivant lexpression de Jean Re} r , il sest « épaissi » enaugmentant de poids.

Nicolas Lémery navait pas seulement, pour attirer à lui lafoule, le charme dune parole éloquente. Établi pharmacien àParis , il sétait promptement rendu populaire, non-seulementpar la bonne qualité des drogues quil débitait, mais par millerecettes domestiques, inofiensives et sûres. Il navait pas sonégal pour préparer des fards, cosmétiques et eaux de senteurs,propres à entretenir et à relever la beauté des femmes.

Nicolas Lémery , qui sétait fait en si peu de temps, dans lacapitale de la France , une réputation immense, navait pourtant