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PAVANTS DU DIX-SEPTIÈME SIECLE
rédaction de ses livres. C’est en 1G87, peu de temps après sonretour à Paris , qu’il publia sa Pharmacopée universelle et sonTraité de drogues simples. Son dernier ouvrage fut un Traitéd'antimoine, collection de divers mémoires lus par l’auteur àl’Académie des sciences , depuis l’année 1701 jusqu’à 1707. Cetraité est tellement complet, tellement achevé, que nousmettons au déii aucun chimiste de nos jours, occupé à des re-cherches ou des expériences sur l’antimoine, de se passer de leconsulter. Lémery s’occupa, dans les dernières années de savie, de revoir les dernières éditions de son Cours de chimie.
Ce livre a fait autorité en France pendant plus de cent ans.Vingt fois réimprimé, il a été le code de tous les chimistes dudix-septième siècle. On peut même dire que la révolution quilut opérée dans la chimie, à la fin du dernier siècle, par legénie de Lavoisier , ne le fît pas entièrement oublier. Les faitsd’observation s’v trouvaient présentés en dehors de tout sys-tème , ils demeuraient donc vrais en tout temps. Ils conser-vaient leur valeur, en dépit de tout changement dans les idéesthéoriques, parce qu’aucune préoccupation systématique n’enaltérait l’expression.
Le petit nombre de principes généraux que Lémery admetau commencement de son livre, sont ceux de Van llelmont etde Nicolas Lefèvre, qu’il modifie un peu, sans toutefois donnerjamais beaucoup d'importance à la théorie. Ce qui le préoccupe,c’est de décrire, conformément au titre de son ouvrage « lamanière de faire les opérations », et sous le rapport de l’exac-titude des descriptions, il est inattaquable.
Nicolas Lémery eut deux fils. Le premier, Louis, né le25 janvier 1G77, fut médecin, devint membre de l’Académie des sciences professeur au Jardin du roi, en 1712, et mourut leUjuin 1713. Il avait épousé, en 1706, Catherine Chapotot, dontil eut trois enfants, mais dont il ne conserva qu’une fille. Lesecond fils, Nicolas Lémery , connu sous le nom de Lémery lejeune , fut aussi médecin, chimiste, associé de l’Académie des sciences , et mourut en 1721, sans postérité.
Fontenelle a écrit, en 1715, VÉloge de Lémery. VÉloge deLouis Lémery fils a été inséré, par Mairan , dans les Mémoiresde VAcadémie des sciences, en 1743. Un LJloge de Lémery ,par P.-A. Cap, a été couronné par l’Académie des sciences ,