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Institutions astronomiques / Pierre Charles Le Monnier
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INSTITUTIONSMais fi l’on suppose que dans la ligne C F il y ait unâutre point visible M à une distance encore assez grandede l’œil, & dont le mouvement se fasse de M en N, l’œiljugera pour lors que son mouvement apparent est le mêmeque celui du point F : car puisque l’un & l’autre objet M Fparcourent précisément un même angle , leur mouve-ment ne sçauroit produire qu’une même trace , & parconséquent une même sensation dans le fond de l’oeil. Iln’est pas moins évident, que lorsque l’objet M sera mûselon la ligne MF, depuis M jusqu’en F, son mouve-ment ne sçauroit jamais être connu de l’Observateurparce que son image demeure constamment immobileen H, c’est-à-dire, au même point de la rétine. Ainsi tou-tes les fois que les objets qui font fort éloignés de nous,n auront d’autre mouvement que selon la ligne droite quipasse par le centre de notre œil, il est certain qu’on nepourra juger de leur mouvement, à moins que l’on ne•fasse attention à leur lumière , qui peut-être paroîtra plusou moins vive , ou bien à leurs grandeurs ; c’est-à-dire,à quelque augmentation ou diminution dans leurs diamè-tres apparens. 11 faut bien remarquer, que nous ne parlonsici que des objets qui font fort éloignés : car quant auxobjets qui font fort proches de notre œil, on ne manquepas de moyens assez furs pour reconnoître leurs mouve-mens , quand ils se font dans la ligne droite qui passe parle centre de l’œil, & qui consistent à le comparer à d’au-tres objets, dont la situation & la distance font connues ,& par rapport ausquels ils changent bientôt de position.Enfin quelque soit la route d’un objet dans le plan ECF fsoit qu’il se meuve dans la ligne FE , soit dans l’arc ducercle FPF, soit dans une courbe quelconque FGE ,je dis que si sangle F CE qui mesure l’espace parcouru, esttoujours le même, l’œil attribuera chaque fois à cet objetle même mouvement apparent : mais si l’on augmente ou