A S T R O N O MI Q U E S. 11
un objet M N, vu fous un angle MCN ou ACB doublede i’angle àfe ; il est clair que la ligne ALVsera deux foisplus grande que la ligne de : mais puisque BC contienttrois fois CM j AB fera donc triple de MN , ôc par con-séquent il sera íix fois plus grand que de ; d'ou il fuit quesi les Diamètres apparens du Soleil ôc de la Lune étoientégaux, ôc si l’on fuppofoit que la distance du Soleil à laTerre, fût cent fois plus grande que celle de la Lune,le vrai Diamètre du Soleil feroit cent fois plus grand quecelui de la Lune : ôc parce que la distance du Soleil à laTerre est bien au-delà plus de cent fois plus grande quecelle de la Lune, comme nous le ferons voir ci-après, ilfuit de là que le Diamètre du Soleil doit excéder beau-coup plus de cent fois le Diamètre de la Lune.
II est donc aisé de concevoir, après ce que nous ve-nons de dire, que le Diamètre apparent d’un objet au-gmente toujours à mesure qu’on en approche, ôc cela àpeu près dans le rapport des distances de l’œil au mêmeobjet. Par exemple , si un spectateur étoit placé dix foisplus près de la Lune que nous ne sommes, fans compterqu’il appercevroit la Lune bien plus éclatante qu’elle nenous paroît , il obferveroit austi son Diamètre environdix fois plus grand. Donc lorsque nous venons à la regar-der avec un Télescope qui augmente dix fois les Dia-mètres apparens des objets , c’est précisément la mêmechose que si l'on étoit placé dix fois plus près de laLune ; ôc par conséquent si l'on regarde la Lune en feservant de Télescopes qui augmentent cent fois oudeux cens fois les Diamètres apparens des objets , assuré-ment on doit appercevoir i’Astre à peu près de la mêmemaniéré que si l’on en étoit cent fois, ou deux cens foisplus proche. II est donc aisé de concevoir, que nous pou-vons connoître par-là certainement quelle feroit la gran-deur apparente des objets,ôc ce que l’on pourroit remarquer
B ij
Les Diamè-tres apparensdes objets au-gmentent àmesure qu’ons’en approche.
Avantagesdes Téleíco-pes ou lunet-tes d’appro-che.