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Institutions astronomiques / Pierre Charles Le Monnier
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ASTRONOMIQUES. 25

Etoiles ; suppositions , qu’ils font obligés de faire conti-nuellement , Ôc qu’il faut bien leur accorder, puisqu’au-trement ce seroit renverser les fondemens de l’Astrono-mie , ou que cette science demeureroit très-imparfaite,& qu’envain les Astronomes y facrifieroient tant de veil-les , de fatigues, ôc de dépenses.

Ainsi puisque c’est une chose si usitée parmi les Astro-nomes d’imaginer l’œil du Spectateur transporté au centrede la Terre,pour en déduire cette régularité constante dumouvement diurne ou apparent, ne peut-on pas supposerpareillement, le Spectateur transporté dans les Cieux, nepeut-on pas le fixer dans le lieu du Monde, d’où il décou-vrira les mouvemens réels ôc absolus des corps célestes,ôc d’où il les reconnoîtra semblables autant qu’il est possi-ble ? Car les Astronomes, quelque systeme qu’ils aient em-brassé , ont reconnu de tout rems que les mouvemens desPlanètes croient simples, réguliers, ôc uniformes ; mais àne les observer que de la surface ou du centre de la Terre,on s’apperçoit bientôt que le mouvement apparent detoutes les Planètes , est inégal, ôc que leur cours est rrès-irrégulier ; d’où l’on doit naturellement conclure quela Terre n’est point le centre de leurs vrais mouvemens.C’est pourquoi pour observer les mouvemens propres detous les corps célestes , il faudroit supposer que l’œil fûtplacé ou au centre du Soleil,ou du moins à une très-petitedistance de ce corps lumineux. Examinons quelles doi-vent être les apparences duCiel dans ce point de vue.

II y a néantmoins une remarque importante à faire a-vant que d’aller plus loin, sçavoir, qu’en quelque lieuqu’on suppose un Observateur, il doit juger naturellementqu’il est au centre de tout ce qui l’environne. Car commeles objets dont il s’agit, font supposés fort éloignés, ilimporte peu qu’ils soient à une grande distance les uns desautres, surtout s’iis se trouvent dans une même ligne qui

Lorsque l’oncompare lesmouvemensdes Planètes fl’on s’apper-çoit quevûs dela terre, leurcours est fortirrégulier.

Un Specta-teur en quel-qu’endroitqu’on le lup-poíè, eK tou-jours placé aucentre des ob-jets les plus é-loignés aux-quels l'a vûèpeut s’étèn-dre.