ASTRONOMIQUES. 357
geoit bien plus sensiblement vers la fin de leur apparition;mais cette déviation apparente est bien moins causée par lemouvement réel de la Comete que par celui de la Terre,ainsi qu’il arrive tant aux Planètes supérieures qu’aux infé-rieures , dont les distances au plan de l’Ecliptique fontordinairement, très-différentes ( toutes choses d’ailleurségales) selon les diverses positions de la Terre fur son or-bite. Car il est certain que si les Comètes étoient obser-vées du Soleil, elles paroîtroient décrire véritablementun grand cercle.
Au reste, il ne faut pas s’imaginer que parce que lesComètes paroisient décrire assez exactement un grandcercle de la Sphere, leur véritable cours se fasse pourcela dans la circonférence d’un cercle ; car les mêmesapparences s’observeront constamment, soit qu’une Co-mete se meuve dans une ligne droite, soit dans une elli-pse, une parabole ou une hyperbole, pourvu qu’elle nesorte pas effectivement du même plan. En effet, dès quel’on suppose un plan qui passe par l’oeií, tout corps en mou-vement,quel qu’il soir, & quelque route qu’on lui attribue,paroîtra constamment dans la circonférence d’un grandcercle. Aussi le plus grand nombre des Philosophes ôc desAstronomes du dernier siécle ont-ils supposé que les orbi-tes des Comètes étoient rectilignes, jusqu’à ce qu’on sesoit enfin apperçu qu’une orbite parabolique ou ellipti-que s’accordoit bien mieux avec les phénomènes obser-vés. Il est vrai que pour supposer leurs orbites elliptiques,il les faut imaginer prodigieusement allongées ou excen-triques, c’est-à-dire, que leur premier axe doit être in-comparablement plus grand que le second, & c’est encela que les orbites des Comètes pourroient être distin-guées de celles des Planètes, puisque ces dernieres dé-crivent des ellipses si peu excentriques qu’elles ne dif-fèrent presque pas d’un cercle , à moins qu’on n’en
Vu
Quels fontles véritablesorbites desComètes.
Hévélius s’estapperçu lepremier qu’el-les fecourbenten s’appro-chant du So-leil.