VIII
NOTICE
que, pour des cartes géographiques ordinaires, on confie la triangu-lation à des ingénieurs ou à des géomètres très-exercés aux grandstravaux géodésiques, opérant avec les instruments de précisionles plus rigoureux; de même, pour une carte géologique généraled’un pays très-étendu comme la France , il paraît plus convenablede la faire exécuter par un petit nombre de géologues de profession,ayant déjà beaucoup observé, se tenant au courant de tous les pro-grès de la science, et, par conséquent, capables de bien caractéri-ser les terrains qu’ils rencontrent dans leurs explorations. On sait,d’ailleurs, que cette détermination de la véritable nature géolo-gique exige le plus souvent un champ d’observations très-étendu, etqu elle est souvent impossible par des recherches circonscrites dansune seule contrée. On se souvient que la grande et longue discus-sion géologique sur la véritable origine des basaltes de l’Allemagne n’a été terminée, il y a trente ans, que lorsqu’on est venu chercherla solution de la question en Auvergne et en Vivarais .
Ce sont les principes qui viennent d’être exposés qui ont été labase principale du plan d’exécution des cartes géologiques de laFrance . Ainsi on a admis qu’il fallait deux sortes de cartes : d’abordune carte géologique générale, d’une échelle moyenne, assez grandepour pouvoir y distinguer, avec une netteté suffisante, les différentesespèces de terrains et même leurs grandes subdivisions, et néan-moins assez petite pour que ses différentes feuilles pussent êtreassemblées en une seule d’une dimension convenable; et, ensuite,des cartes de détail, ou plutôt des cartes géologiques topographiques dedépartement, sur une échelle beaucoup plus grande que la première.
C’est de la carte géologique générale que l’administration des minesa ordonné d’abord l’exécution, remettant à s’occuper, après sonachèvement, des cartes de détail, c’est-à-dire des cartes géologiquesde département.
Elle a confié ce travail à trois personnes, savoir : un chef, pourle diriger, et deux ingénieurs, pour faire les voyages d’explorationnécessaires. Les deux ingénieurs devaient voyager séparément, cha-