XVI
NOTICE
couverte de couleurs, on pourrait croire que tous les plus petitscantons ont été explorés, et que la constitution du sol de chaque lieuecarrée, ou même de chaque kilomètre carré, a été rigoureusementdéterminée. Les auteurs sont loin d’avoir cette prétention ; on doitmême concevoir qu’il leur aurait été impossible d’exécuter, en dix ouonze années, une reconnaissance aussi minutieuse. Je dirai plus,c’est que ce travail de détail les aurait détournés de la partie la plusessentielle de la tâche qui leur était imposée, savoir : la détermina-tion exacte des différents terrains, chacun d’eux étant considéré enmasse , et celle des limites qui les séparent les uns des autres ; etmême, relativement à ces limites, ils se sont contentés de les recon-naître et de les constater sur plusieurs points plus ou moins éloignés,qu’ils ont joints ensuite par des lignes, sans s’assujettir à vérifierces limites dans tous les espaces intermédiaires. C’est ainsi qu’ilsdevaient opérer. La véritable direction à donner à ces limites, ouplutôt les sinuosités plus ou moins grandes quelles forment réelle-ment, ne pourront être tracées que sur les cartes géologiques dedétail, qui exigeront pour cela des excursions bien plus multipliées;mais les auteurs osent espérer que les points de ces limites qu’ils ontconstatés demeureront invariables.
Sans doute, aussi, les progrès de la géologie pourront amener desperfectionnements dans la manière de considérer et de subdiviser lesterrains, d’où résultera la nécessité de faire des changements à lacarte géologique. Mais c’est le sort inévitable de tous les travaux dece genre ; et l’on ne peut exiger de ceux qui s’en occupent que dereprésenter fidèlement les différents terrains qui se montrent à lasurface du sol qu’ils entreprennent de faire connaître, en les consi-dérant de la manière la plus conforme aux connaissances géologiquesde l’époque où ils exécutent leur travail. Toutefois l’identité des ter-rains sur toute la longueur d’une bande a été reconnue d une manièresi certaine, que les modifications qui pourraient devenir nécessairesconsisteraient peut-être simplement dans le changement de nom decertains groupes. La collection importante que MM. Dufrénoy et Élie