32 CHAPITRE PREMIER.
obliquement du sud-ouest au nord-est et du sud-est au nord-ouest. La valleede la Seine affecte, à la vérité, cette dernière direction; mais elle n’a qu’uneimportance bien secondaire, comparativement aux grands traits signalésprécédemment.
Les terres élevées, circonscrites parles grandes lignes que nous venonsd’indiquer, constituent, avec le bassin du nord, le noyau de la France , au-quel tout le reste se rattache sous forme d’appendices.
C’est la réunion de ces terres élevées du midi avec les plaines du nordqui présente ce caractère d’homogénéité de climat dont toute la France ressent l’influence, et qui fait que la nation française est une des plusgrandes réunions d’hommes d’une complexion analogue.
L’unité de la France est due, en grande partie, à ce que le noyau mon-tagneux du midi, à cause de son élévation, est beaucoup plus froid, pro-portionnellement à sa latitude, que le bassin du nord; d’où il résultequ’abstraction faite de la Gascogne et du littoral de la Méditerranée, lesol de la France présente, jusqu’à un certain point, dans tous les départe-ments, la même température moyenne.
Si les relations de hauteur dont nous venons de parler étaient renver-sées, si les terres basses du nord de la France étaient portées au centre etque les terres élevées du centre fussent portées au nord, la France seraitpartagée entre deux nations presque distinctes, comme la Grande-Bretagneentre les Anglais et les Ecossais.
La Gascogne et le littoral de la Méditerranée sont les deux exceptionsles plus notables qu’on puisse citer aux observations générales qui viennentd’être présentées; aussi remarque-t-on que les noms de Gascons et de Méri-dionaux désignent les distinctions les plus tranchées qu’on puisse signalerparmi les Français .
Les circonstances que nous venons de faire ressortir dans la configura-tion du sol de la France sont d’autant plus propres à établir une certaineharmonie entre la France et le reste de l’Europe , qu’elles se reproduisent,jusqu’à un certain point, dans l’Europe considérée en masse. Elles ne sontqu’une partie et, en quelque sorte, un abrégé de circonstances plus géné-rales que présente l’ensemble du continent européen , et qui, sans aucundoute, ont eu beaucoup d’influence sur les destinées des peuples qui l’ha-bitent.