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CHAPITRE PREMIER.
temps, mais diversement interprétée suivant l’état de la science, qui a faitdésigner ces terrains sous le nom de terrains de transition ou intermédiaires.
Les circonstances qui conduisent à réunir, ainsi qu’on vient de le dire,les terrains en quatre groupes, ne sont pas nettement tranchées comme cellesqui établissent les limites entre les formations superposées; elles présentent,au contraire, une certaine gradation, surtout en ce qui tient aux caractèresminéralogiques: ce quelles présentent de plus net se rattache à la distribu-tion des corps organisés dans les différentes couches superposées.
La gradation dans les caractères minéralogiques des formations successivestient principalement au refroidissement progressif du globe terrestre. Lesformations les plus anciennes se distinguent, ainsi qu’on vient de l’expliquer,par une demi-fusion plus ou moins avancée, qui, lorsqu’elle ne développepas de caractères nouveaux, tend au moins à obscurcir ceux qui sont dus aupremier dépôt. Au milieu de cette tendance à l’anéantissement des carac-tères originaires des roches les plus anciennes, il sera peut-être toujoursimpossible à l’homme de remonter jusqu’à la première formation de laplanète qu’il habite. Lorsque Virgile dit, dans la sixième de ses églogues :
Namque canebat uti magnum per inane coactaSemina terrarumque, animæque, marisque fuissent,
Et liquidi simul ignis ; ut his exordia primisOmnia, et ipse tener mundi concreverit orbis ;
Tum durare solum et discludere Nerea pontoCœperit, et rerum paulatim sumere formas :
Jamque novum ut terræ slupeant lucescere solem,
Altius alque cadant submotis nubibus imbres,
il parle de circonstances qui peut-être resteront à jamais les temps fabuleuxde l’histoire naturelle; mais, lorsqu’il ajoute :
Incipiant sylvæ cum primum surgere, cumqueRara per iguolos errent animalia montes,
il fait allusion à un ordre de phénomènes qui, de nos jours, est entré com-plètement dans le domaine des sciences positives, du moins si l’on s’entient à l’existence successive des espèces végétales et animales et qu’on re-nonce à spéculer sur le mode de leur première production, qui lui-mêmeest probablement destiné à rester impénétrable à la science.
La succession des terrains, leur division et leur ordre relatif ayant étéétablis d’une manière certaine par la superposition et par la différence de