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CHAPITRE IJ.
le pourtour de contact de ces deux roches, ainsi que les nombreux lam-beaux de granité que l’on voit superposés aux porphyres, notamment entrela Roche-Millay et Saint-Pail, sont également d’accord avec la suppositionque nous venons d’énoncer. Les preuves du soulèvement du granité par leporphyre sont surtout très-développées à l’extrémité septentrionale du Mor-van, et on peut les observer sur toute la longueur de la limite des deuxterrains. Nous citerons particulièrement la route de Nevers à Château-Chi-non, dont les travaux, nouvellement exécutés, ont mis à découvert, prèsde cette dernière ville, une belle superposition du granité sur le porphyre.
Les granités du Morvan appartiennent, comme ceux des montagnes duForez , à deux variétés principales : l’une à grands cristaux de feldspath,l’autre à grains fins. Les granités se désagrègent, en général, avec facilité,tandis que les porphyres résistent à l’action atmosphérique journalière :cette circonstance influe sur le relief du sol, et donne aux montagnes grani-tiques des formes arrondies qui les distinguent facilement des montagnesde porphyres toujours accidentées.
Les montagnes granitiques atteignent, dans l’intérieur du Morvan, jus-qu’à 5oo mètres d’élévation au-dessus du niveau de la mer; mais, en appro-chant des terrains secondaires, le granité s’abaisse successivement, et, auxenvirons d’Avallon , il forme un plateau allongé qui ne s’élève plus qu’à270 mètres. Ce plateau, découpé par de profondes crevasses, s’incline lé-gèrement vers le N., en s’enfonçant sous le lias, ou plutôt sous les ar-koses qui en forment la base. Par suite du relèvement assez brusque desformations jurassiques, la ligne de contact est marquée par une successiond’escarpements abruptes qui forment, une falaise demi-circulaire autourdu massif granitique du Morvan. Cette falaise atteint une hauteur moyennede 34o mètres au-dessus du niveau de la mer, c’est-à-dire qu’elle s’élève àplus de 70 mètres au-dessus du granité. La limite des terrains anciens et se-condaires est donc marquée par une dépression longitudinale fort profonde.
Entre l’Arroux et la route d’Autun à Bourbon-Lancy , le granité à grosgrains est coupé par des filons de pegmatite; cette roche forme aussi denombreux filons dans la vallée du Mesvrin, aux environs de Marmagne etde Saint-Symphorien. Dans plusieurs localités, cette roche se décompose etdonne du kaolin assez beau, mais toujours en trop petite quantité pour ali-menter des exploitations utiles. Les filons de pegmatite contiennent fré-