CHAPITRE III.
178
diverses baies, soit par les vallées qui viennent y aboutir. La vallée de laVilaine fait exception; sa pente très-faible permet aux eaux de l’Océan deremonter jusqu’au delà de Redon , et, par conséquent, de traverser tout leplateau granitique.
La position de la plupart des villes du littoral de la Bretagne est uneconséquence de cette disposition; elles se trouvent à 2 ou 3 lieues du ri-vage moyen, situées ou à la limite de ses anfractuosités, ou sur les rivières,au point où la marée, cessant de se faire sentir, permettait l’établissementde communications stables et arrêtait les transports maritimes.
Les côtes, principalement dans le Morbihan et la Loire-Inférieure , sontbasses et sans escarpement, du moins dans toutes les parties qui ne formentpas un saillant prononcé vers l’Océan.
La partie sous-marine du rivage est peu profonde, et forme une pentetrès-douce. Le fond en est d’un sable quartzeux coquillier très-fin ; les grèves,de galets et même de sables grossiers, sont rares et peu étendues. Les partiesrentrantes sont comblées journellement par les vases déposées par la mer,et les parties saillantes attaquées avec violence. Tout, ainsi, tend à régula-riser cette courbe de niveau, d’une régularité déjà si étonnante entre lesterres et les mers.
Le plateau du N. commence entre Brasparts et Sizun, dans le départe-ment du Finistère . Là il supporte la chaîne des montagnes d’Arrez, qui jetteplusieurs rameaux vers la rade de Brest et la presqu’île de Crozon . Sa di-rection générale est de l’O. à l’E. Son maximum de hauteur est de 33o mè-tres. Les crêtes schisteuses qui le surmontent dans le département du Fi nistère , et qui sont connues sous le nom de montagnes d’Arrez, atteignent4 oo mètres d’élévation.
En face du golfe que forme la mer entre Saint-Malo et Granville , le pla-teau se déprimé fortement, ne présente plus de continuité, et une élévationde îoo métrés suffirait pour réunir, par plusieurs vallées, les eaux de laManche et de 1 Océan, i 7 5 mètres est à peu près son maximum d’élévatiomDans toute sa partie la plus elevee, ce plateau appartient aux roches an-ciennes, masquées cependant, dans les points où il se déprime, par le ter-rain de transition.
La limite méridionale de ce plateau est à peu près parallèle à la limite N-du premier plateau, en sorte que le bassin intérieur imite, par sa forme