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Tome premier.
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CHAPITRE V.

Forêtsdes Vosges eu partiedévastées.

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hêtres magnifiques, croissent ensemble sur ces pentes rectilignes, et mé-langent leurs feuillages de mille teintes diverses, jusqu’à leur limite supé-rieure. Cette forêt fait un effet d’autant plus agréable qu’elle change decaractère en s’élevant, comme les fleurs d’un bouquet symétriquement dis-posé. Vers le bas, les arbres sont grands, et les sapins blancs dominentsouvent parmi eux. Ils y naissent et meurent en paix, et on en voit destroncs séculaires, morts de vieillesse et restés sur pied au milieu de laverdure. A mesure que l’on s’élève, ils cèdent la place aux hêtres, auxquelsse mêlent des sapinettes, des frênes, de très-beaux planes, de magnifiquestilleuls, ainsi que des merisiers, des saules, des sorbiers des oiseaux, etc.Les framboisiers, l’osier fleuri, occupent toutes les parties où les arbressont petits et clair-semés. Tout au haut de l’amphithéâtre on voit finir tousles arbres, à l’exception des hêtres, qui, restés maîtres du terrain, tendentdéjà eux-mêmes à disparaître. Ils deviennent petits, crochus, en quelquesorte nains, et se perdent sous forme de buissons, comme nous l’avonsdéjà souvent remarqué dans les pelouses qui couvrent le dôme du Ballonet celui du Hohneck.

De beaucoup de cimes des Vosges l’œil n’embrasse que des pelouses etdes forêts; mais ces belles forêts, qui formaient, dans l’origine, la parurenaturelle des montagnes, ne se sont conservées entières que dans quelquescantons, où elles ont été protégées par la prévoyance de leurs possesseurset par l’art des forestiers. On peut citer, sous ce rapport, les flancs de l avallée de la Thur, au-dessus de la verrerie de Wildenstein; ceux de l avallée de la Vologne, au-dessus de la Bresse ; ceux de la vallée de Plancher-les-Mines et de la vallée d’Andlau . Ailleurs, le défrichement et la dent desbestiaux les ont généralement détruites ou dévastées, quoique d’une ma-nière inégale.

Rien n’est si commun, sur les pentes des Vosges , que de voir des chaletplaces au milieu de forêts démantelées, dont il ne reste que des lambeau*épars au milieu de la pelouse, comme les massifs d’un jardin anglais. L avallée de Massevaux, celle de Munster, celle de Guebwiller , en présententde nombreux exemples. Telle est, en particulier, la pente orientale du bal-lon de Guebwiller , par laquelle on descend de sa cime à Rimbach.

Dans toutes les parties où les forêts s’éclaircissent, l’aspect de la végéta-tion indique une médiocre fertilité. Des champs cultivés en seigle sont épars

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