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DISCOURS PRÉLIMINAIRE.
concourant ; il a été un témoin et il est devenu un monument fidèle de toutes cesvariations fugitives qui ne laissent aucuns souvenirs, si on ne les marque pas à l’ins-tant même où ils se succèdent et passent ; c’est qu’en fin il a été fini a l’instant où laMonarchie finissoit elle-même; et que par cela seul, il sera pour tous les Peuples etpour tous les siècles , la ligne ineffaçable qui tracera et constatera, dans la mêmeLangue, les limites de la Langue Monarchique et de la Langue Républicaine.
Chez aucun autre Peuple et dans aucun autre Siècle, il n’a existé un pareil Dic-tionnaire : il ne peut plus en exister pour les Langues de l’Europe ; elles n’ont pasreçu, sans doute, tous leurs accroissemens ; mais elles ont reçu tous leurs caractères.Des Dictionnaires pourront bien dire où ces Langues sont arrivées : mais ils ne pour-ront plus les accompagner, en quelque sorte, dans le chemin qu’elles ont suivi; ils nepourront pas les aider dans tous leurs accroissemens et dans leur formation.
Il étoit indispensable d’ajouter à ce Dictionnaire les Mots que la Révolution et laRépublique ont ajoutés à la Langue. C’est ce qu’on a fait dans un Appendice. On s’estadressé, pour ce nouveau travail, à des Hommes-de-Lettres, que l’Académie Fran-çoise auroit reçus parmi ses Membres, et que la Révolution a comptés parmi ses par-tisans les plus éclairés. Ils ne verüent pas être nommés.; leurs noms ne font rien à lachose ; c’est leur travail qu’il faut juger, il est soumis au jugement de la France et dql’Europe .