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On dit figurément et familièrement, qui Unhomme est hors d’escrime, qu’on l’a mis hors(Vescrime, pour dire, qu’il ne sait où il en est,qu’il ne peut plus se défendre.
ESCRIMER, v. n. S’exercer, se battre avecdes fleurets. Ces deux hommes escriment tousles jours l'un contre Vautre.
Il signifie aussi figuréinent, Disputer l’uncontre l’autre sur- quelque matière d’érudition,de science. Ils sont tous deux savans , il y aplaisir à les voir escrimer l’un contre l’autre.
Il est aussi réfléchi ; et on dit figurément,S'escrimer de quelque chose , pour dire, Savoirs’en servir. Faites-vous des vers? Je men es-crima quelquefois. Joue-t-il du luth? Il s enescrime un peu. Il est du style familier.
On dit en plaisantant, qu’l/n. homme escrimebien, s'escrime bien de la mâchoire, pour dire,qu’il mange beaucoup. Il est bas.
ESCRIMEUR, s. m. Qui entend l’art d’es-crimer. Il y a plaisir à voir faire des armes àdeux, tons escrimeurs. Escrimeurs à outrance.
ESCROC, s. m. Fripon, fourbe, qui a cou-tume de tirer, d’attraper quelque chose parfourberie, par impudence, par artifice. C’est unescroc. Gardez-vous des escrocs.
ESCROQUER, v. a. Tirer queljue chosed’aile personne par fourberie, etc. Il m'a es-croqué dix pistoles, une montre , un cheval, etc.
On dit aussi, Escroquer quelqu’un, pourdire, Tirer de lui quelque chose par fourberie,par artifice. Il escroque tout le monde. Il n'y apoint de Marchand qu’il n’escroque.
On le dit aussi absolument. Il escroque tantïfuil peut, partout où il peut.
On dit proverbialement d’Un parasite, qu71escroque un dîner.
Escroqué, ée. participe.
ESCROQUERIE, s. f. Action d’escroquer.Grande , petite escroquerie. Il n’a use que d’es-croquerie pour amasser le bien qu’il a.
ESCROQUEUR, EUSE. s. Celui, celle quiescroque. C’est un escroqueur de Livres. On ne»le dit jamais qu’avec un régime.
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E-SI-MI. Terme de Musique, par lequel ondésigne le mode ou ton de Mi. Cet air est enE-si-mi.
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ESPACE, s. m. Étendue de lieu depuis uncertain terme jusqu’à un autre. Grand espace.Long espace. Espace vide, rempli. Cela estcontenu dans l’espace d’une lieue, d'un arpent ,etc. Il n’y a pas assez d'espace. D'espace en es-pace. Garder les espaces.
U se dit aussi De l’étendue du temps. Il y aun grand espace de temps. Dans l’espace de sixmois } d’un an.
On appelle Espaces imaginaires, Des espacesqui n’existent point, et qu’on a cru être hors del’enceinte du monde.
On dit figurément d’Un homme, qu7ï sepromène dans les espaces imaginaires , pourdire, qu’il se forme des visions.
ESP
On appelle Espace dans l’Imprimerie , cequi sert à espacer les mots, et alors il est com-munément féminin.
ESPACEMENT, subst. m. Terme U’Archi-tecture. Distance entre un corps et un autre.L'espacement des poteaux, des solives, des co-lonnes. Il se dit aussi en Typographie.
ESPACER, v. a. Ranger les choses de tellemanièrequ’on laisse les espaces nécessaires entre-deux. Ces deux arbres - lu ne sont pas bien es-pacés. Colonnes bien espacées.
On le dit principalement Des lettres, desmots et des lignes dans l’Imprimerie . Le Com-positeur n espace pas bien scs lignes. Ses lignesne sont pas bien espacées.
Espacé, ée. participe.
ESPADON, s. m. Grande et large épée qu’onlenoit à deux mains. Il joue bien de l’espadon.
Espadon, est aussi Une sorte de poisson,dumufle duquel sort un os plat, qui est commeun espadon.
ESPÀDONNER. v. n. Se servir de l’espadon.Il espadonne bien.
ESPAGNOLETTE, subst. f. Sorte de ratinefine. Une camisole d'espagnolette.
Espagnolette, signifie encore Une espècede ferrure pour les fenêtres.
ESPÂLE. s. f. On appelle ainsi L’espace quiest entre le premier banc des rameurs et lapoupe dans une galère. Cette espale n’est pasassez grande.
ESPALIER, s. m. Rameur qui est le premierd’un banc dans une galère. Il est fort , il serovbon à servir d’espalier dans une qatêre.
ESPALIER, s. m. Rangée d’arbres fruitiers,et dont les branches sont étendues, cou-chées, dressées contre un mur, soit «avec desclous, soit avec un treillage de perches, d’é-chalas. Des'arbres en espalier. Plier , tailler,accommoder un espalier.
ESPALMER. v. a. Enduire de suif fondu etautre composition, le dessous d’un vaisse<au,d’une galère. Espalmer un vaisseau, une ga-lère. Il se dit particulièrement d’Une galère.
Espalmé, ée. participe. Un navire espalniéde frais est meilleur voilier qu'un autre à pro-portion.
ESPAR GOUTTE, subst. fémïn. ou PETITMUGUET. Plante. Il y en a de deux espèces.Les fleurs de la grande sout incarnates en de-hors, et jaunes en dedans. Celles de la petitesont jaunes. L’une et l’autre croissent aux en-virons de Narbonne . On les emploie contrel’esquinancie. Chacune d’elles a encore quel-ques autres propriétés.
ESPATULE. s. f. Plante purgative résolu-tive, qui s’appelle vulgairement Glaïeul puant,et qui croit dans les lieux humides.
ESPÈCE, s. f. Terme de Logique. Ce quiest sous le genre, et contient sous soi plusieursindividus. Les diverses espèces d'oiseaux , depoissons. Ils sont tous parfaits en leurs espèces.L'espèce la plus parfaite des animaux , c’estl'homme. La nature veille à la conservation del’espèce. Il est unique en son espèce.
Espèce , signifie aussi Sorte, et il se dit Des
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choses et des personnes singulières. Quelle espècede drap est-ce là? Quelle espèce de cheval?c est une espece de Barbe. Voilà des poiresd'une belle, dune bonne espèce . Quelle es-pèce d’homme nous avez-vous amené? C'estune plaisante espèce d’homme , une pauvre es-pèce d’homme , une pauvre espèce. On ne le ditd’Un homme que par dérision.
On dit aussi quelquefois, Une espèce, enparlant d’Un homme dont on fait peu de cas.C’est une espèce. On ne voit chjz lui que desespèces.
On dit ironiquement et familièrement: C’estun homme d’espèce singulière. C’est un sagede nouvelle espèce, un Philosophe d’espèce nou-velle, pour dire, Un homme qui a des idées,ou qui affecte des opinions bizarres ou extra-ordinaires.
On dit aussi : Dans celte assemblée , il yavoit des gens de toute espèce, pour dire, Detout état, de toute condition; Des marchan-dises de toute espèce, de toutes les espèces, pourdire, De toute sorte, de toutes les sortes.
On dit : Il vint une espèce de valet dechambre, une espèce de demoiselle suivante ,pour dire, Un homme qui avoit la mine, l’ap-parence d’un valet de chambre, une fille quiparoissoit être une demoiselle suivante.
Espèce, en termes de Jurisprudence , signi-fie , Un cas particulier sur lequel il faut opiner.Ne nous proposez point la question en termesgénéraux, posez-nous l’espèce. Voici l’espèce .Les circonstances changent l'espèce.
Dans les phrases où le mot Espèce est mispar opposition à Argent , il signifie Denrées. 5ije ne le paye en argent, je le payerai en es-pèces, comme blés, vins, etc.
Il signifie aussi Les diverses pièces de mon-noie, et dans ce cas il se met toujours au plu-riel. Faire un payement en belles espèces, enespèces bonnes et valables. On lui a comptétant en pistoles, êcus blancs, et autres espècesayant cours. Les espèces étrangères. On lui arendu son argent en mêmes espèces. Espècesrognées. Il est défendu de fondre les espèces. Ily a des espèces d’or et d’argent.
On dit, Payer en espèces sonnantes, pourdire, Payer en espèces d’or, d’argent, et nonpas en papiers.
On appelle dans le Sacrement de l’Eucha-ristie, Espèces, Les apparences du pain et duvin après la transsubstantiation. Espèces sacra-mentelles. Les espèces du pain et du vin. Com-munier sous les deux espèces.
Cndit figurent., que L’espèce manque, pourdire, qu’Elle devient rare; et il se dit Des hom-mes , des animaux, des denrées, de 1 argent, etc.
Il signifie encore dans la Philosophie Sco-lastique , Les images, les représentations desobjets sensibles , lesquelles sont reçues dans lessens, et de là portées dans 1 imagination. Lesespèces visuelles. Espèces distinctes, claires .Espèces confuses, embrouillées. La difficultéest de savoir comment les espèces sont reçues*se reçoivent, entrent dans les sens. Les espèce^impresses. Les espèces intentionnelles.