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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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NEWTON

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sêtre bornée à faire des représentations, elle finit par opposer unrefus catégorique aux menaces du roi. Comme Newton avait montrébeaucoup de fermeté dans cette affaire, il fut envoyé à Londres ,avec plusieurs de ses collègues, pour défendre, devant la hautecour de justice, les prérogatives de lUniversité. Ces délégués mon-trèrent devant la cour une attitude tellement résolue, que le roijugea prudent dassoupir laffaire.

Cest pour témoigner à leur jeune collègue toute leur gratitude,peut-être aussi à cause de son mérite seulement, que les profes-seurs de Cambridge, qui avaient le droit denvoyer un des leursau Parlement, firent porter leur choix sur Isaac Newton .

Nommé en 1688, membre du parlement dAngleterre, Newton ny joua, il faut le dire, quun rôle fort obscur. Il ny avait, dansce savant profond, ni létoffe dun tribun, ni celle dun législa-teur. Il remplit son mandat en conscience pendant les années1688 et 1689 ; mais il se refroidit beaucoup par la suite, et manquasouvent aux séances de 1690 à 1695. Il ne prit la parole quuneseule fois, et ce fut seulement pour prier lhuissier de la chambrede fermer une fenêtre, d venait un courant dair qui auraitpu enrhumer lorateur pérorant à la tribune. On ne saurait êtreplus réservé.

Peu de temps après son entrée à la chambre des communes,Newton eut la douleur de perdre sa mère, et sa santé commença àsébranler. Le défaut dappétit et de fréquentes insomnies nattes-taient que trop le trouble survenu dans son état. Un accident quiarriva vers cette époque, dut accélérer le mal, et lui donner mêmeun caractère de gravité dont il est impossible de méconnaîtrelimportance, car il eut une influence profonde sur les facultésintellectuelles de lhomme qui faisait déjà lorgueil de lAngle-terre.

Gomme il était sorti, un soir, pour aller faire ses dévotions à lachapelle, Newton laissa, par mégarde,un flambeau allumé sur sonbureau. Pendant son absence, un petit chien, nommé Diamant ,auquel il était fort attaché, renversa le flambeau, et tous lespapiers qui se trouvaient sur le bureau furent consumés. Cétaientprécisément ceux Newton avait consigné les résultats desexpériences de chimie quil avait faites depuis nombre dannées.On comprendra toute sa douleur, lorsque, revenu dans son cabinetde travail, il reconnut le malheur qui venait de lui arriver. Biot