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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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newton

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ou ce quon appelle en physique Yangle de réfraction , il constataque cet angle varie pour chaque couleur. Il en conclut que lesdiverses couleurs du spectre sont inégalement réfrangibles, dil résulte quelles se dispersent après leur réfraction à travers unprisme, et se disposent sur un écran à la suite les unes des autres,dans lordre que leur assigne leur réfrangibilité. Ainsi fut expli-quée la décomposition du rayon blanc.

Newton acquit encore la preuve, par la meme expérience, queles couleurs du spectre sont simples, car elles ne sont aucunementmodifiées après avoir traversé le second prisme, et restent violettes,bleues ou rouges, suivant quon a laissé passer le faisceau violet,bleu ou rouge.

De lanalyse de la lumière, Newton déduisit une explicationrationnelle de la couleur des corps et de larc-en-ciel.

Jusqualors on sétait perdu en conjectures sur la cause descouleurs. Était-ce une propriété des corps, et fallait-il croire, avecAristote , qu un corps est bleu, par exemple, parce quil a en luiune certaine qualité qui le fait paraître tel? Bien des gens, mêmeaprès la défaite de la scolastique, sen tenaient à cette explication,qui nexplique rien. Pourquoi, en effet, ny a-t-il plus de cou-leurs dans lobscurité? Pourquoi ces couleurs ne sont-elles visiblesquà la lumière, si elles résultent dune qualité inhérente auxobjets? Lobscurité suffirait-elle à anéantir une qualité dans uncorps? La lumière est donc nécessaire pour que nos yeux aient laperception de la couleur.

Newton partit de pour résoudre un problème qui défiait,depuis des siècles , tous les efforts de la raison humaine. Ilpensa que la réflexion, de même que la réfraction, pouvaitséparer les rayons colorés de la lumière blanche et opérer unedécomposition du même genre. Il eut assez de génie pour sedire que tout le. corps éclairé ne réfléchit pas nécessairement latotalité des rayons quil reçoit; que, suivant sa nature, ilabsorbe ceux-ci et renvoie ceux-, et que de cette diversité dac-tion résulte la différence des couleurs. Ainsi, les feuilles desarbres sont vertes, parce quelles réfléchissent les rayons verts,et absorbent tous les autres ; la garance rouge, parce quelle nerenvoie que les rayons rouges ; une étoffe noire est celle quiabsorbe tous les rayons, et un corps blanc celui qui les réfléchittous.