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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

ordre (Enumeralio linearum tertii ordinis ). En cela, il obéissait à unepensée dégoïsme, car il voulait se réserver le monopole des décou-vertes auxquelles pourrait conduire le puissant instrument dana-lyse quil avait créé. Cependant ses travaux transpirèrent, et en1676 une correspondance sengagea entre lui et Leibniz , concer-nant les résultats quil avait obtenus.

Dans ses lettres Newton parle de sa méthode de calculdune manière très-générale. Il nen donne aucune indication nidémonstration, et se contente de lenvelopper dans un ana-gramme très-compliqué, comme on le faisait alors pour sassurerla propriété dune découverte sans la communiquer. Leibniz neprit pas tant de détours. Répondant à Newton , le 21 juin 1677,il lui exposa franchement sa méthode du calcul infinitésimal, tellequil lavait imaginée. En 1684, il la publia, sous la mêmeforme, dans les Actes de Leipzig , et Newton ne formula aucuneréclamation à ce propos. Bien au contraire, il reconnut très-explicitement les droits de Leibniz , dans une note, ou scholie,insérée en 1687 dans la première édition de son livre des Prin-cipes.

Mais voilà quen 1699, un certain Fatio de Duillier, mathé-maticien assez médiocre, savise de déclarer que Leibniz nestque le second inventeur du calcul infinitésimal, et insinue quil abeaucoup emprunte' à Newton . A quoi Leibniz répond en citantle témoignage même de Newton . Les choses en restent, jusquàlapparition du Traité doptique, auquel Newton avait jointlexposé de la méthode des fluxions. Les rédacteurs des Actes deLeipzig insinuent alors, à leur tour, que le calcul des fluxionsde Newton nest quune simple transformation du calcul diffé-rentiel de Leibniz , et la guerre sallume sur deux mots.

Keill, professeur dastronomie à Oxford , soutient hardimentque Leibniz a dérobé à Newton la méthode des fluxions, et quilsest borné à*y introduire un changement de notation. Leibniz ,indigné, propose aussitôt de soumettre la question au jugementde la Société royale de Londres , cest-à-dire à un tribunal pré-sidé par Newton lui-même.

Les pièces du procès furent rassemblées avec grand soin etpubliées par la Société royale, sous le titre de Commercium episto-licum; mais Leibniz navait pas été consulté sur le choix des ar-bitres, et ceux-ci rendirent un verdict favorable à Newton .