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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LEIBNIZ

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lune des intelligences les plus vastes que le monde ait vuesdepuis Aristote .

I

Godefroi-Guillaume Leibniz (pour écrire sou nom comme illa toujours écrit lui-même, au lieu de Leibnitz , qu on a lu danspresque toutes les éditions de ses oeuvres pendant un siècle) na-quit à Leipsig, le 21 juin (vieux style), cest-à-dire, suivantnotre calendrier, le 3 juillet 1646. Son père, Frédéric Leibniz,professeur de morale et assesseur, ou, comme dautres disent,greffier de lUniversité, avait été marié trois fois. Ce fut de la.troisième femme, Catherine, fille du jurisconsulte GuillaumeSchmach, quil eut cet enfant, qui fut baptisé, la veille de laSaint Jean, sous les noms de Godefroi-Guillaume.

Cette cérémonie du baptême fut marquée par un fait particu-lier, que limagination du père se bâta de transformer en mer-veille. Lenfant, au moment le prêtre le tenait dans ses bras,leva la tête, lavança, et reçut le baptême les yeux ouverts, commesil eût compris ce que cela voulait dire. Et le père de con-signer la chose dans son journal, par les lignes suivantes :

« Je prédis que cest un signe de foi. Je prédis aussi que cetenfant, pendant sa vie, marchera les yeux levés vers Dieu , quil brû-lera damour pour lui, et que cet amour lui fera faire des choses mer-veilleuses pour la gloire du Très-Haut, le salut et la prospérité de sonEglise. »

Frédéric Leibniz ne vécut pas assez longtemps pour voir l'ac-complissement, plus ou moins exact, de sa prophétie. 11 mourutlaissant son fils âgé de six-» ans, avec dautres enfants. Heureuse-ment leur mère était une femme aussi distinguée par lesprit quepar le cœur. Elle honora sou veuvage en se consacrant unique-ment à léducation de ses enfants. Elle exerça, dit-on, une inlluencemorale très-marquée sur le caractère de Godefroi-Guillaume, qui,par son intelligence pieuse, donnait déjà beaucoup à espérer.

Aussitôt après la mort de son père, il avait été envoyé au gym-nase de Saint-Nicolas, l'école la plus renommée quil y eût alors