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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LEIBNIZ

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est certainement le propre de tous les esprits originaux, mais ilfaut y reconnaître aussi un effet de lhabitude que lui avaientdonnée ses premières lectures solitaires faites en toute liberté,et sans direction.

Mais revenons aux premières études de notre jeune philosophe.Nous lavons quitté au moment, comprenant la nécessité demettre un peu de méthode dans ses travaux, il cherche des maîtres,quil ne trouve pas toujours. Le seul Thomasius lui avait étéutile pour la philosophie et pour la littérature ancienne. En 1663,Leibniz , âgé alors de dix-sept ans, se rendit à lUniversité dIéna,La chaire de mathématiques était occupée, dans cette Université,par Weigel, professeur plus sérieux que le pédant Kuhnius.Cependant Leibniz ne fit pas avec lui de notables progrès. Il reçutégalement les leçons de Bosius, historien et archéologue, etcelles du jurisconsulte Falkner.

Il ne demeura quun an à peine dans cette savante Université.Mais de retour à Leipsig, il rapportait le goût des études du droit,auxquelles Falkner lavait initié. Il sy appliqua donc avec unegrande ardeur, laissant à peu près de côté toute autre occupa-tion.

Gomme après mon entrée dans lUniversité, dit-il, je me savaisdestiné à faire une étude de droit, je laissai toutes les autres pourcelle-ci. Je maperçus que ce que javais précédemment appris en his-toire me pouvait être dun grand secours. Ce fut cause, en effet, quejappris les lois facilement. Javais un ami assesseur à Leipsig. 11 memenait souvent chez lui, me donnait des actes à lire et mapprenait àrédiger des jugements. Cest ainsi que de bonne heure je pénétraidans les secrets de la science du droit. »

Leibniz , néanmoins, ne voulut pas être avocat, ou sil le fut parses licences, il se montra encore plus éloigné de plaider que Fon-tenelle, lequel voulut au moins perdre une cause, pour obtenirde Monsieur son père le droit de ne plus reparaître au prétoire.

Leibniz , aspirant au grade de docteur, dut se soumettre à unstage de cinq ans, suivant les règlements universitaires. Furieuxquon lui eût fait perdre un si long temps, quoique, dans cet inter-valle, il eût mené de front beaucoup dautres études avec celle dudroit, il tint à laisser des traces de sa colère dans les dernièrespages de sa Nouvelle méthode détudier la jurisprudence, il pré-