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est certainement le propre de tous les esprits originaux, mais ilfaut y reconnaître aussi un effet de l’habitude que lui avaientdonnée ses premières lectures solitaires faites en toute liberté,et sans direction.
Mais revenons aux premières études de notre jeune philosophe.Nous l’avons quitté au moment où, comprenant la nécessité demettre un peu de méthode dans ses travaux, il cherche des maîtres,qu’il ne trouve pas toujours. Le seul Thomasius lui avait étéutile pour la philosophie et pour la littérature ancienne. En 1663,Leibniz , âgé alors de dix-sept ans, se rendit à l’Université d’Iéna,La chaire de mathématiques était occupée, dans cette Université,par Weigel, professeur plus sérieux que le pédant Kuhnius.Cependant Leibniz ne fit pas avec lui de notables progrès. Il reçutégalement les leçons de Bosius, historien et archéologue, etcelles du jurisconsulte Falkner.
Il ne demeura qu’un an à peine dans cette savante Université.Mais de retour à Leipsig, il rapportait le goût des études du droit,auxquelles Falkner l’avait initié. Il s’y appliqua donc avec unegrande ardeur, laissant à peu près de côté toute autre occupa-tion.
‘ Gomme après mon entrée dans l’Université, dit-il, je me savaisdestiné à faire une étude de droit, je laissai toutes les autres pourcelle-ci. Je m’aperçus que ce que j’avais précédemment appris en his-toire me pouvait être d’un grand secours. Ce fut cause, en effet, quej’appris les lois facilement. J’avais un ami assesseur à Leipsig. 11 memenait souvent chez lui, me donnait des actes à lire et m’apprenait àrédiger des jugements. C’est ainsi que de bonne heure je pénétraidans les secrets de la science du droit. »
Leibniz , néanmoins, ne voulut pas être avocat, ou s’il le fut parses licences, il se montra encore plus éloigné de plaider que Fon-tenelle, lequel voulut au moins perdre une cause, pour obtenirde Monsieur son père le droit de ne plus reparaître au prétoire.
Leibniz , aspirant au grade de docteur, dut se soumettre à unstage de cinq ans, suivant les règlements universitaires. Furieuxqu’on lui eût fait perdre un si long temps, quoique, dans cet inter-valle, il eût mené de front beaucoup d’autres études avec celle dudroit, il tint à laisser des traces de sa colère dans les dernièrespages de sa Nouvelle méthode d’étudier la jurisprudence, où il pré-