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« Ou u’a aucune preuve, dit M. Foucher de Careil, que la Saxo aitjamais cherché à regagner Leibniz . Son souvenir à Leipsig est unmythe; c’est en vain que nous avons cherché la maison, la rue où cegrand homme a reçu le jour, personne ne le sait (1). »
Leibniz alla soutenir devant 1 Université d Altoif la thèse qu ilne lui avait été permis de soutenir devant celle de Leipsig. Lesujet en était De casibus perplcxis in jure. L épreuve fut tellementglorieuse pour le candidat, qu’après lui avoir conféré, aux acclama-tions de tous les assistants, le grade de docteur en droit, le recteurlui proposa une chaire de suppléant dans cette même Faculté .Leibniz ne crut pas devoir accepter cette offre. Il aimait mieuxcontinuer à s’instruire en disposant librement de ses journées,que d’instruire les autres, sinon par les écrits qu’il composaitchemin faisant sur toutes sortes de sujets, et avec une prodigieusefécondité.
D’Altorf Leibniz se rendit à Nuremberg , ville qui réunissaitalors plusieurs savants et gens de lettres, dont il pensait quela fréquentation pouvait être utile à son avancement dans lessciences.
A Nuremberg , se trouvait une réunion, plus ou moins mysté-rieuse, d’amateurs, qui travaillaient à la recherche de la transmu-tation des métaux. Leibniz se sentit attiré par ces alchimistes.Descartes avait été séduit par les Rose-Croix , Leibniz le fut parles souffleu’.s de Nuremberg , qu’il était plus facile de trouverque les invisibles frères de la Croix.
Afin que les adeptes d’Hermès fissent moins de difficultés àl’initier à leurs mystères, Leibniz se fit annoncer à eux commeun confrère, et pour justifier de sa science, il leur écrivit unelongue lettre, en apparence-très-savante, mais farcie de termesobscurs ou étranges, qu'il avait tirés des écrivains hermétiquesles plus célèbres, et qui était h peu près intelligible.
Les membres de la Société de Nuremberg comprirent fort biencette lettre, que son auteur ne comprenait pas lui-même. Dumoins son obscurité leur fit penser qu’elle ne pouvait pro-venir que d’un savant plus profond et plus avancé qu’eux-mçmes dans la noble science du grand œuvre. Ils ne secontentèrent pas d’admettre Leibniz dans leur société, ils créèrent,