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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LEIBNIZ

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comme celles de Hobbes et de Puffendorf , qui détruisent parune autre voie la vérité des principes, et corrompent la nature de cesvérités morales, éternelles en ruinant la foi et limmortalité de lâme,il distingue trois degrés de droits : le droit strict, léquité et la piété oula probité ; la piété ou lamour est ainsi le sommet de la justice, et dece sommet sacré seulement, le prêtre de la justice appelle et saluelharmonie universelle, à savoir Dieu . Car Dieu et lharmonie uni-verselle ne font quun, comme la source et leau qui en découle; lajustice et lamour sy confondent et le bonheur est en harmonie.

Boinebourg engagea vivement Leibniz à publier ce livre. Lemanuscrit à peine remis aux mains des imprimeurs, Leibniz reçut une lettre de son nouvel ami, lui annonçant que lÉlecteur deMayence linvitait à venir à sa cour, pour y recevoir des marquesde son estime. Notre jeune philosophe se rendit à cet appel.

11 fut très-honorablement accueilli par lÉlecteur, auquel, parreconnaissance, il dédia son ouvrage, quil compléta lannée sui-vante, en y ajoutant un nouveau corps de droit, intitulé Corporisjuris reconcinnandi ratio.

Dans ce dernier ouvrage, Leibniz proposait de réduire le corpsentier du droit à neuf chefs, comprenant, le 1 er , les principes ~généraux du droit et des actions, le 2 e le droit des penseurs,le 3 e les fragments,le 4° les droits réels,le 5 e les contrats,le 6 e les successions, le 7° les crimes, le 8 e le droit public,le 9° le droit sacré.

Cet ouvrage fut dautant plus admiré par les savants de lAllema­ gne,que lauteur navaitencore que vingt-deux ans.Ce nétait pour-tant que le programme dune grande entreprise quil méditait,et qui nallait à rien moins quà doter son pays dune législationuniforme. Seulement il aurait fallu, pour réaliser sur ce pointlharmonie qui dominait dans toutes les conceptions de Leibniz ,laccord et le concours de tous les souverains du corps germanique.Cette condition lui ayant manqué, Leibniz dut laisser inachevéson projet dunification de lAllemagne .

Cest ce même projet que le roi de Prusse essaye en ce momentde reprendre, à son profit, bien entendu.

Quoi quil en soit, Leibniz peut être regardé, dès à présent,comme un jurisconsulte consommé, et il va bientôt inaugurer parun coup déclat sa carrière de publiciste. Nous ne voulons pasparler dun mémoire quil fit, vers ce temps, à la sollicitation dubaron de Boinebourg, pour soutenir les prétentions du prince