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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-IIUITIÈME SIÈCLE

largir ses sujets, et de traiter souvent une question à loccasion duneautre, il propose, dans sa brochure, des moyens de perfectionnerla logique, et il expose les défauts de celle quon suivait alorsdans les écoles.

Tel est bien lesprit qui règne dans les ouvrages de Leibniz . Ilsait tirer parti de chaque sujet au profit de ses idées propres, etvoilà pourquoi tout sujet lui est bon. Plus tard, dans sa fameusecontroverse avec Bossuet et Pellisson, laquelle était une tentativefaite pour la réunion de toutes les églises chrétiennes, il manqueraà la vérité le but, en récusant jusquà la fin lautorité duconcile de Trente , qui est la loi de ses adversaires; mais il établira,par des raisons victorieuses, le principe, alors tout nouveau, de latolérance.

Au fond, Leibniz , qui se laissait trop volontiers distraire de sesgrands travaux scientifiques pour argumenter avec les théologiens,ne tenait pas ses adversaires en grande considération. Cest ceque prouvent les lignes suivantes, que nous trouvons dans sesNouveaux essais sur Ventendement humain :

« Si quelquun venait de la lune parle moyen de quelque machineextraordinaire, comme Gonzalez, et nous racontait des chosescroyables, de son pays natal, il passerait pour lunaire, et cependanton pourrait lui accorder lindigénat avec le titre dhomme, toutétranger quil serait à notre globe. Mais sil demandait le baptême,et voulait être reçu prosélyte de notre loi, je crois quon verrait degrandes disputes sélever parmi les théologiens. Et si le commeroeavec ces hommes planétaires, assez approchants des nôtres, selonM. Huygens, était ouvert, la question [mériterait un concile uni-versel, pour savoir si nous devrions étendre le soin de la propaga-tion de la foi jusquau dehors de notre globe. Plusieurs y soutien-draient sans doute que les animaux raisonnables de ce pays nétantpas de la race dAdam, nont point de part à la rédemption de Jésus-Christ; mais dautres diraient peut-être que nous ne savons pas ni Adam a toujours été, ni ce qui a été fait de toute sa postérité,puisquil y a eu même des théologiens qui ont cru que la lune a étéle lieu du Paradis ; et peut-être que, par la pluralité, on conclu-rait, pour le plus sûr, qui serait de baptiser ces hommes douteuxsans condition, sils en sont susceptibles. Mais je doute quon voulûtjamais les faire prêtres dans lÉglise romaine, parce que leurs con-sécrations seraient toujours douteuses, et on exposerait les gens audanger dune idolâtrie matérielle, dans lhypothèse de cette Église. »

Heureusement pour lui, Leibniz nétait pas seulement capabledes travaux les plus divers ; il avait encore la faculté den pour-