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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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DALEMBERT

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science des mathématiques vint à se manifester à lui, et les vel-léités de théologie sévanouirent aussitôt.

Le professeur de mathématiques au collège Mazarin, exposaitles éléments de cette science avec beaucoup de clarté et de préci-sion. Lélève sattacha à ces leçons, il en fit grand profit, et elleslui révélèrent la véritable voie de ses talents.

Disant un adieu définitif à la théologie, Jean-le-Rond prit, ensorLant du collège, le grade de maître ès arts, et il rentra chez levitrier, comme lenfant de la maison. Il donna quelque part de sontemps à létude du droit, sans doute parce que ceux qui sinté-ressaient à lui le pressaient de prendre un état. Il fut même reçuavocat, sans avoir pour cela négligé un moment les études ma-thématiques quil aimait avec passion, et vers lesquelles le por-taient toutes les facultés de son esprit.

Il nétait pas cependant dans des conditions bien favorablespour travailler avec succès aux mathématiques transcendantes,car les ressources qui abondent aujourdhui pour ceux qui veulentse livrer à ces études, manquaient alors presque complètement.Nous empruntons à un court mémoire que dAlembert a laissésur sa vie, un passage qui 1 montre bien tous les obstacles contrelesquels il eut à lutter au début de sa carrière scientifique.

» Sans maîtres, presque sans livres, écrit dAlembert en parlant delui-même, et même sans avoir un ami quil pût consulter dans lesdillicultés qui larrêtaient, il allait aux bibliothèques publiques; iltirait quelques lumières générales des lectures rapides quil y faisait,et, de retour chez lui, il cherchait tout seul les démonstrations et lessolutions ; il y réussissait pour lordinaire; il trouvait même souventdes propositions importantes quil croyait nouvelles, et il avaitensuite une espèce de chagrin, mêlé pourtant de satisfaction, lors-quil les retrouvait dans des livres quil navait pas connus. >

Ces satisfactions qui le payaient de toutes ses peines, étaientloin de rassurer ceux qui voulaient diriger sa conduite. A leursyeux, la science, cultivée pour elle-même, ne pouvait le conduireà rien. Ils revinrent donc à lassaut, pour le déterminer à embras-ser une profession sérieuse ; et ils firent si bien que Jean-le-Rondse décida à étudier la médecine.

Quoique cette nouvelle étude lui parût séloigner moins quelétude du droit, des sciences dont il était épris, il ne sv attachapas aussi longtemps. Et cependant, il avait bien pris contre lui-