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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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DALEMBERT

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préférer les douceurs de son repos olympien à tous les honneuisde la lutte et du martyre, et de tenir prudemment fermée devantle peuple une main toute pleine de vérités. Mais ce tempéiamentsi peu héroïque, était-il bien ce qui convenait à la philosophiedun siècle aussi troublé que celui vivait d Alembert , et qui fut,surtout dans sa dernière moitié, lépoque d une rénovation radi-cale de toutes les idées philosophiques, politiques et sociales? Nousne le croyons pas, et nous sommes presque sûr que dAlembert nele croyait pas toujours lui-même.

Quoiquil en soit, on va reconnaîtrequici encore, toute sa con-duite est parfaitement daccord avec sa profession de foi. La polé-mique que lui suscita son article Genève , avait été le premier, etfut le seul trouble quil eut à éprouver comme collaborateur de1 'Encyclopédie. Il ne voulut pas entrer plus avant dans laction.Par une déférence craintive pour lautorité qui avait suspenducette publication, il abandonna les fonctions déditeur de Y Ency-clopédie, quil avait jusque- partagées avec Diderot , et laissa cedernier achever son œuvre comme il pourrait. Il déclara vouloirse renfermer uniquement, à lavenir, dans les mathématiques, etil tint parole, malgré tous les efforts de ses amis, et de Voltaire lui-même.

Ce quil y a détrange, cest que dAlembert était assurément

I esprit le plus hardi de tous les philosophes du xvni 0 siècle. Plusincrédule que Diderot , qui avait de temps en temps quelque accèsde foi et des boutades de sentiments religieux, dAlembert nousapparaît armé dune conviction froide, réfléchie, raisonnée ; seu-lement il ne laissa jamais transpirer ses opinions dans ses écrits.

II obéissait ainsi à la règle de conduite quil sétait tracée, et quiconsistait à éviter le chemin qui mène à la prison de Vincennes .Mais ses opinions se révèlent en toute liberté, dans sa correspon-dance avec Voltaire , que lon a publiée après la mort des deuxphilosophes. G est dans ces lettres, si spirituelles, quil faut cher-cher le catéchisme de dAlembert. Cest que le fameux refrainEcrasons l'infâme! revient avec une triste et monotone fréquence.

Mais même dans sa correspondance avec le grand homme deFerney , dAlembert ne dépouillait pas en entier son naturel. Ilexcitait constamment Voltaire à le dépasser en hardiesse ; si bienque ce dernier sen apercevant, lappela Bertrand dans ses lettres,et signa, lui-même : Raton. Cétait une allusion à leurs rôles res-