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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
en secret; mais la plupart de ses disciples commencèrent à croire sadoctrine déraisonnable dès qu’ils la virent ridicule. »
Nous livrons la recette à qui voudra l’employer comme moyende propagande scientifique.
Hâtons-nous de dire que Maupertuis rendit à la physique nou-velle un service plus sérieux, par son beau Mémoire sur les lois del? attraction newtonienne, qu’il présenta à l’académie en 1732, etdans lequel il démontrait tous les avantages et toute la grandeur dusystème imaginé par le génie de Newton, et sa supériorité sur dessystèmes en apparence plus simples.
Ce fut encore pendant qu’il faisait partie de l’académie dessciences de Paris, que Maupertuis rendit aussi un autre service,non pas seulement à Newton, mais au monde entier, en Ûxanla figure exacte de la terre.
Newton, sans sortir de son cabinet, avait conclu de ses calculsque le globe terrestre devait être aplati aux pôles. Maupertuis appuyait cette opinion, qui trouvait pourtant des contradicteursopiniâtres. Il fallait vider cette controverse. En 1736, par l’ordredu gouvernement français , deux commissions académiquesallèrent, l’une mesurer un degré du méridien vers l’équateur,l’autre exécuter la même opération vers les latitudes polaires.Maupertuis était le chef du dernier groupe.
Voltaire célébra ainsi cette expédition scientifique :
Revoie, Maupertuis , cle ces déserts glacésOù les rayons du jour sont six mois éclipsés,
Apôtre de Newton, digne appui d’un tel maître,
Né pour la vérité, viens la faire connaître.
Héros de la physique, Argonautes nouveaux,
Qui franchissez les monts, qui traversez les eaux, •Dont le travail immense et l’exacte mesureDe la terre étonnée ont fixé la figure...., etc.
Il est vrai que le même Voltaire , impatient peut-être, commebien d’autres, de toute espèce de bruit qui ne se faisait pas pourlui-même, se ravisa après le succès de nos Argonautes, et se joi-gnant à leurs détracteurs, chanta cette palinodie :
Vous avez confirmé dans des lieux pleins d’ennui,
Ce que Newton connut, sans sortir de chez lui;
Vous avez arpenté quelque faible partieDes flancs, toujours glacés, de la terre aplatie.