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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

dAlembert, la famille des Bernouilli tient le sceptre de la hautescience, et monopolise, en quelque sorte, les grandes découvertes.

Pendant les quatre mois que Jean Bernouilli passa dans lechâteau jlu marquis de lHôpital, à résoudre les problèmes lesplus difficiles, il tira lui-même un bon parti des leçons dumarquis. Elles le conduisirent à la découverte dun calcul nou-veau, tout différent de celui quil enseignait lui-même, et qui con-siste à prendre la différence de lexposant des puissances. Dans lecalcul différentiel, en effet, lexposant est variable. Jean Bernouillitrouva que la différence dun exposant est égale à la différencedun nombre divisé par le même nombre. Cest la règle généralede ce calcul quil nomma calcul exponentiel. « La méthode dedifférencier et dintégrer ces sortes de quantités était inconnuejusqualors, dit dAlembert, et Bernouilli ajouta aux nouveauxcalculs cette branche, devenue si féconde. »

Nous avons déjà mentionné, mais sans dire en quoi il consiste,le fameux problème de la ligne de la plus courte descente, une desplus remarquables découvertes de Jean Bernouilli. Voici la ques-tion, telle quil la proposa, en 1797, aux géomètres de lEurope:

« Deux points étant donnés, lesquels soient dans un plan vertical,et ne soient cependant ni dans la même ligne horizontale, ni dans lamême ligne verticale, trouver une courbe qui passe par ces deuxpoints, et dont la propriété soit telle, quun corps pesant, descen-dant le long de sa concavité, mette moins de temps à la parcourirque toute autre ligne, droite ou courbe, passant par les mêmespoints. »

Dire que la ligne droite ne sera pas celle de la plus courtedescente, paraît un étrange paradoxe, une contradiction flagranteavec un des premiers principes enseignés par la géométrie. Cestcependant ce quil fallait démontrer. DAlembert seul, aveclautorité attachée à son grand nom, pourra nous-persuader quela démonstration na rien dillusoire.

« Nous ne pouvons tout au plus, dit-il, dans la question dont ilsagit, que dissiper les fausses raisons qui pourraient faire croireque la ligne droite est celle de la plus vite descente. Si un corpspesant se mouvait uniformément, cest-à-dire, sil parcourait toujoursen temps égaux des espaces égaux, il nest pas douteux que la lignedroite, étant la plus courte de toutes, serait aussi celle quil décriraiten moins de temps. Mais un corps pesant descend dun mouvement