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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LINNÉ

S31

France ; les noms des élèves quil a formés, leurs voyages. Iltermine sa préface en remerciant de toutes les graines et detoutes les plantes qui lui ont été généreusement envoyées de toutesles parties du monde par différents botanistes.

La même préface se termine par une apostrophe à ses ennemisfi t à ses critiques, qui est la plus belle réponse qu un homme detalent puisse faire à dinjustes critiques. Nous la traduisons pourquelle serve dexemple et de conseil aux hommes de mérite atta-qués par lenvie :

« Je nai jamais, dit Linné , renvoyé à mes ennemis les traits quilsuiont lancés. Les critiques, les injures, les mauvaises plaisanterieset les attaques de lenvie, qui ont toujours été la récompense des tra-vaux des grands hommes, je les ai souffertes avec tranquillité. Riende tout cela ne ma enlevé seulement un cheveu. Dailleurs, comblédéloges par les botanistes les plus fameux, comment ne supporte-rai-je pas les méchants, ceux qui doivent rentrer dans la poussière àlaspect de la gloire de ces hommes illustres. Lâge auquel je suis déjàparvenu, ma profession et mon caractère, me défendent de relever lemauvais gant de mes adversaires. En histoire naturelle les erreursne peuvent se défendre, ni les vérités se cacher : cest à la postéritéque jen appelle. »

Le Species plantarum contient toutes les plantes que Linné connaissait alors; elles formaient seulement 7,300 espèces.

Cest que Linné a commencé à donner à chaque plante cequil appelle un nom trivial. Cest une seule épithète qui exprime,autant quil est possible, la différence qui sépare la plante desautres espèces congénères. Linvention de ces noms triviaux aidasingulièrement la mémoire des botanistes du dernier siècle. Eneffet, avant ladoption de ces noms, on employait de très-longuesphrases, pour désigner les espèces. Voulait-on parler, par exemple,d une Graminée que lon appelle aujourdhui, selon la nomen-clature Linnéenne, Poa bulbosa, on disait : Gramen Xerampelinum,Miliacea, prœtenui ramosaque sparsa panicula, sire Xerampehno ,congener, arvense, œstivum, gramen minulissimo seminel Quel chaosnétait pas une science qui, pour désigner une espèce, avaitbesoin dun semblable appareil.

1 Rien nétait plus maussade et plus ridicule, a dit à ce proposJ.-J. Rousseau, lorsquune femme ou quelqu un de ces hommes quileur ressemblent, demandait le nom d une herbe ou d une fleur dejardin, que la nécessité de cracher, en réponse, une longue tirade demots latins, qui ressemblait à une évocation magique. »