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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

zani, effectuées au siècle dernier, et de nos jours, celles deMilne-Edwards et dautres physiologistes ont amené à tenirdans un doute très-légitime la simplicité du phénomène. Lavoi­ sier lui-même lavait bien compris, car il avait repris, quelquetemps avant sa mort, ses expériences sur la respiration et la cha-leur animale.

Entraîné ainsi quelque temps, dans le domaine de la physiologie,Lavoisier ne tarda pas à revenir à ses recherches de chimie pure.

On vit alors se succéder rapidement une série très-nombreusede mémoires, quil serait hors de propos dexaminer longuementet dans lesquels toutes les grandes questions chimiques se trouventsuccessivement abordées. Cest ainsi quil étudia dans tous sesdétails le phénomène de la combustion, et montra que, dans lacombustion des matières éclairantes, il se forme constamment delacide carbonique. Bientôt il expliqua le phénomène de ladissolution des métaux dans les acides, et fit voir que le mercure,par exemple, pour se dissoudre dans lacide sulfurique, a besoindenlever à cet acide une partie de son oxygène, formant ainsi delacide sulfureux. Il découvrit ensuite la réaction qui se produitdans linflammation des pyrophores , substances qui ont pourcaractère de senflammer dès quon les expose à lair. Enfin ilprouva que la combustion spontanée des pyrites, phénomèneredoutable qui se produit souvent dans les mines de fer en voiedexploitation, tient à une cause de la même espèce, et que, danscette circonstance, le sulfure de fer se trouve changé en sulfate.

Tous les faits empiriquement établis par lobservation des alchi-mistes ou par les travaux des chimistes phlogisticiens, trouvaientleur explication dans les idées de Lavoisier . Bien rarement sasagacité fut prise en défaut, et entre tous les créateurs de systè-mes scientifiques, il est un de ceux qui se gardent le mieux deserreurs de détail auxquelles entraîne, dune manière presqueforcée, le développement dune idée doctrinale. Cest que, pourdémêler, à travers ses complications accidentelles, le fait fonda-mental dans une action chimique, il possédait une sûreté et unefinesse de vue que lon ne cesse dadmirer quand on lit ses tra-vaux. Pour cet instinct merveilleux qui se révèle aux grands chi-mistes, pour ce tact singulier qui, de prime abord, signale &lesprit le seul côté sensible et abordable dun problème, quelques-uns ont plus tard égalé Lavoisier , personne ne la surpassé. Plus