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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
zani, effectuées au siècle dernier, et de nos jours, celles deMilne-Edwards et d’autres physiologistes ont amené à tenirdans un doute très-légitime la simplicité du phénomène. Lavoi sier lui-même l’avait bien compris, car il avait repris, quelquetemps avant sa mort, ses expériences sur la respiration et la cha-leur animale.
Entraîné ainsi quelque temps, dans le domaine de la physiologie,Lavoisier ne tarda pas à revenir à ses recherches de chimie pure.
On vit alors se succéder rapidement une série très-nombreusede mémoires, qu’il serait hors de propos d’examiner longuementet dans lesquels toutes les grandes questions chimiques se trouventsuccessivement abordées. C’est ainsi qu’il étudia dans tous sesdétails le phénomène de la combustion, et montra que, dans lacombustion des matières éclairantes, il se forme constamment del’acide carbonique. Bientôt il expliqua le phénomène de ladissolution des métaux dans les acides, et fit voir que le mercure,par exemple, pour se dissoudre dans l’acide sulfurique, a besoind’enlever à cet acide une partie de son oxygène, formant ainsi del’acide sulfureux. Il découvrit ensuite la réaction qui se produitdans l’inflammation des pyrophores , substances qui ont pourcaractère de s’enflammer dès qu’on les expose à l’air. Enfin ilprouva que la combustion spontanée des pyrites, phénomèneredoutable qui se produit souvent dans les mines de fer en voied’exploitation, tient à une cause de la même espèce, et que, danscette circonstance, le sulfure de fer se trouve changé en sulfate.
Tous les faits empiriquement établis par l’observation des alchi-mistes ou par les travaux des chimistes phlogisticiens, trouvaientleur explication dans les idées de Lavoisier . Bien rarement sasagacité fut prise en défaut, et entre tous les créateurs de systè-mes scientifiques, il est un de ceux qui se gardent le mieux deserreurs de détail auxquelles entraîne, d’une manière presqueforcée, le développement d’une idée doctrinale. C’est que, pourdémêler, à travers ses complications accidentelles, le fait fonda-mental dans une action chimique, il possédait une sûreté et unefinesse de vue que l’on ne cesse d’admirer quand on lit ses tra-vaux. Pour cet instinct merveilleux qui se révèle aux grands chi-mistes, pour ce tact singulier qui, de prime abord, signale &l’esprit le seul côté sensible et abordable d’un problème, quelques-uns ont plus tard égalé Lavoisier , personne ne l’a surpassé. Plus