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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Blanc, fort renommé dans son art, se piqua au jeu, et portant àRouelle un de ses diamants, lui proposa de le soumettre auxmêmes épreuves, assurant quil ne souffrirait aucun dommage delaction du feu, pourvu quon lui permît de larranger à sa ma-nière (1).

Une nouvelle assemblée, formée de chimistes et de lapidaires,se forma donc au laboratoire de Rouelle. On laissa lorfévre arran-ger ses diamants comme il lentendait. Celui-ci remplit un creusetdun mélange de poudre de charbon et de craie, plaça son diamantau milieu, et après avoir luté lappareil avec soin, lexposa à lac-tion du foyer. Après trois heures dun bon feu, il retira soncreuset, et louvrit avec ses confrères. Mais malgré toutes lesprécautions et les recherches, on ne trouva plus le diamant, quinavait laissé dans le creuset que sa petite loge vide. Le Blancse retira la tête basse : « et confondu, dit Macquer, par un batte-» ment de mains presque général, mais non pas convaincu. »

Et en effet, les artistes étaient si peu convaincus, quun autrelapidaire, nommé Maillard, voulut aussi prendre la revanche delaventure de Le Blanc, et soffrit à renouveler lexpérience, sefaisant fort dobtenir le résultat qui avait échappé à son confrère.

Lessai eut lieu, peu de temps après, au laboratoire de Cadet de Gassicourt . Maillard enferma trois diamants dans une tête de pipeà fumer, les entoura de poudre de charbon bien pressée, et intro-duisit le tout dans un creuset rempli de craie et revêtu de sable desfondeurs. Livrant alors le petit appareil aux chimistes, il leurpermit de le tourmenter par le feu le plus violent et le mieux sou-tenu. Macquer, bien édifié par les essais précédents, et souriantdavance à la déconvenue du lapidaire, les soumit à un feu si rude,quau bout de deux heures, lappareil était tout déformé par laviolence de la chaleur, et que tout menaçait de couler. On retiradonc le creuset pendant que Maillard, qüi navait jamais vu sesdiamants à une si rude épreuve, prenait toutes les précautionspossibles pour les retrouver, et ramassait les cendres et les larmesde matière fondue tombées du fourneau. Macquer, bien sûr de sonfait, regardaitcesapprêts avec une ironie mal déguisée; et comme

(i) Les artistes fondaient leur opinion sur une pratique en usage dans lorfèvrerie,qui consiste à enfermer dans un creuset hien clos les diamants qui ont quelques ta-ches, et à les soumettre à un feu violent. La chaleur peut diminuer ou détruire^cestaches.