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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Lavoisier commença par sassurer, en opérant en vases clos,cest-à-dire en dirigeant les rayons solaires concentrés par leverre ardent, sur un diamant placé dans une cornue exacte-ment fermée, que ce corps nest pas volatil, et que, par con-séquent, il navait pu disparaître par leffet dune simple dis-tillation. Il trouva ensuite que lair est le seul gaz susceptiblede détruire le diamant, et que laction est nulle dans un gaz im-propre à entretenir la combustion.il sut alors disposer un appa-reil pour recevoir le produit de cette combustion, et chercha da-bord à le recueillir dans leau. Mais rien ne vint se condenser dansleau durant lexpérience. Enfin il reconnut que ce produit étaitun gaz; il réussit à lobtenir isolé, et trouva que cétait du gazacide carbonique..Il conclut dès lors, daprès la nature du produitde sa combustion, que le diamant est un corps fixe, combustible etprésentant la plus grande analogie avec le charbon. On a dit plusieursfois que Lavoisier avait immédiatement prononcé lidentité dudiamant avec le charbon ; cependant il ne tira pas une conclusionaussi avancée, car les faits nétaient pas suffisants pour autoriserlassimilation. Il se borne à indiquer que ces deux corps se rap-prochent dune manière singulière, et il ajoute : « Il serait dérai-sonnable sans doute de pousser cette analogie trop loin.»

On aime, on admire, dans un'aussi éminent génie, la mesure decette sage réserve, qui maintient toujours linduction dans la limitedes faits ; sa préoccupation continuelle, cest de ne point sortir dudomaine de lobservation, et lorsquil saperçoit quen allant plusloin, il ajouterait quelque chose aux simples données de lexpé-rience, il ne dit que la moitié de sa pensée. Elle est complétée au-jourdhui. Personne nignore que le charbon et le diamant sontle même corps sous un état extérieur différent ; cest aujourdhuiune banalité scientifique. Mais la conclusion na été rigoureuseque lorsquon a vu un même poids de diamant et de charbon purdonner le même poids dacide carbonique ; lorsquon a trouvé quele diamant peut réduire les oxydes métalliques, et changer le feren acier, tout aussi bien que le charbon.

Voilà comment Lavoisier , au milieu des plus délicats problè-mes, triomphait des obstacles qui avaient déjoué toute lhabiletédes hommes de son temps, et arrêtait, par léclat dame découverteimprévue, les incertitudes de lopinion.