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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

mable. Quand on met une terre métallique en contact avec du gaz in-flammable, le métal reparaît. Quarrive-t-il alors, sinon que la chauxmétallique à laquelle on restitue son phlogistique reprend létat demétal? Le phlogistique existe donc, malgré quon en ait. »

Que répondre à ce raisonnement? On pouvait bien rejeterlexplication phlogisticienne, en montrant que le métal revi-vifié par lhydrogène, pesait moins que la terre métallique em-ployée, et que, par conséquent, la réduction navait pu sopérerau moyen de la fixation dun corps nouveau. Lavoisier ny man-quait pas, mais il était le seul de son avis; et comme, après tout,il sentait bien quil navait rien de satisfaisant à opposer aux in-crédules, il avait passé outre, laissant à lavenir le soin de leverla difficulté.

Cependant il se détermina, en 1783, à rechercher, par des ex-périences, quel était décidément le produit de la combustion dece gaz inflammable, qui, à chaque instant, venait embarrasser samarche. Divers indices permettaient déjà despérer un résultatpositif. Scheèle avait observé, en brûlant le gaz hydrogène, quetout disparaissait, si bien que lon aurait pensé quaucun produitparticulier ne prenait naissance. Mais plus tard Macquer, en es-sayant de retenir le produit de cette combustion , avait reconnuavec surprise que les parois du vase dans lequel elle sopérait serecouvraient dhumidité. Priestley avait également des tracesdeau dans les mêmes circonstances. Guidé par ces indications,encouragé par les vues de Laplace, Lavoisier se décida à répéterlexpérience de Priestley . Il avait fait déjà bien des tentativesinutiles ; mais il résolut dopérer cette fois sur de telles masses degaz, quil faudrait bien que le produit, quel quil fût, de cettecombustion, se manifestât à ses yeux.

Sur ces entrefaites, et comme il disposait de ses appareils,arriva dAngleterre Ch. Blayden, secrétaire de la Société royale deLondres. Il apprend le projet de Lavoisier , et court chez le chi-miste français :

« Monsieur Lavoisier , lui dit-il, lexpérience que vous préparez» vient dêtre exécutée à Londres par M. Cavendish ; il nen a pas» encore communiqué le résultat à la Société, mais depuis deux» ans, il soccupait de ce travail, et il vient de le terminer. Le» produit delà combustion du gaz inflammable, cest leau. Il» en a fabriqué plusieurs grains. »