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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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LAVOISIER

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sier avait cru devoir traiter la question plutôt en physicien quenentrepreneur déclairage (1).

Mais Lavoisier ne tarde pas à sentir se développer en lui le goûtle plus vif pour les recherches chimiques, et dès ce moment, lesincertitudes de son esprit disparaissent, et lobjet de ses occupa-tions futures se trouve irrévocablement fixé. Le succès quil avaitobtenu dans quelques travaux préliminaires de chimie, lavait dé-cidé à se jeter dans cette voie. Les conseils de son maître Rouelledurent entrer aussi pour beaucoup dans sa détermination, carlenseignement de ce professeur célèbre était alors à lapogée deson éclat, et il nest pas douteux que la fougue et léloquence en-traînante de ses leçons naient exercé sur lesprit de Lavoisier une puissante influence.

Quoi quil en soit, il se voua dès ce moment tout entier auxrecherches de chimie, et sut bientôt se placer au premier rangdans cette science.

On a vu comment, presque au début de sa carrière scienti-fique, il rencontra le fait fondamental qui devait entraîner laruine de toute la théorie du phlogistique, et comment il em-brassa dun regard toute limmensité du champ qui solTraitaux espérances de son génie. On dirait que, dans ce momentsolennel, lavenir de son existence vint se dérouler à ses yeux :avenir plein de luttes, hérissé de sacrifices et décueils de toutgenre, mais tout brillant de lespoir dune renommée éter-nelle.

Cest en effet un spectacle singulier que de voir Lavoisier , aumoment il vient dannoncer sa découverte, arranger sa viefuture dans la prévision de ses travaux. Comprenant que sa for-tune ne pourra suffire aux dépenses nécessitées par de nombreusesrecherches, il demande aussitôt un emploi dans les finances, etobtient le poste de fermier général ; il épouse ensuite la fille dufermier général Paulze , ce qui lui assure un revenu de près de80,000 livres. En même temps, il soccupe à réunir autour de luitout ce que Paris renferme dhommes éminents dans les diversgenres des sciences. Le dimanche, on trouvait rassemblée chez luilélite des savants de la capitale. Condorcet, Lagrange, Monge,

(t) Voir pour plus de détails sur ce mémoire de Lavoisier , notre ouvrage Merveillesde la science, t. IV, p. 13. Lart de léclairage.