Band 
Tome premier.
Seite
63
JPEG-Download
 

B E Despréaux. 6;que pour venir me parler de ses Vers &il ne me parle jamais des miens.

Despréaux n’avoit pas la même plainteà faire de la Fontaine j le Bon-homme(conservons-! ui ce nom si cher , cet aima-ble nom que Molière lui a donné ) leBon-homme ne parloir jamais de sesVers , lui seul en ignoroit le prix 8c lecharme. Mais pourquoi Despréaux nel’a-t-il jamais nommé dans les siens ?Pourquoi même, dans son Art poétique ,où il n ’a pas dédaigné de parler du Ma-drigal & du Rondeau, n’a-t-il pas ditun mot de la Fable , comme s’il eutcraint d’avoir à louer l’admirable Ecri-vain qui parmi nous a créé ce genre , &l’a créé tellement, qu’il y est encore in-comparable après les efforts de tant deFabulistes pour approcher de lui j Ecri-vain dont la simplicité naïve , si fine &F vraie tout ensemble , étoit bien faitepour être sentie & célébrée par un austiexcellent Juge que Despréaux, par celui^ui a dit si bien :

Rien n’est beau que le vrai, íc vrai seul est aimable.

Despréaux prétendent , dit-on, quela Fontaine n’avoit rien inventé ; que sanaïveté étoit celle de Rabelais & de