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DE S E G R A I S. 87avoir de la force (1). Le principal mé-rite du Traducteur , c’est à’avoir sentique Virgile perdrait trop à n’être renduqu’en prose; mais il devoit sentir eumême temps, que c é toit auxDespréaux&. aux Racine à le faire parler en vers.Heureusement pour Segrais , ces deuxgrands Hommes , qui avoient été plustimides que lui, lui pardonnèrent l'au-dace de son entreprise , & même l'en-couragèrent par leur suffrage ; le Pu-blic , auquel ils donnoient alors le ton,mais qui, éclairé depuissur leurs propresjugemens par la lecture de leurs chef-d’œuvres, n’eût reçu qu avec froideurla nouvelle Enéide quelques années plustard , la reçut alors avec indulgence ,& même avec accueil : il crut devoirce bon procédé aux efforts de l’Auteur,a son zele pour Virgile & pour notreLangue , fit fur-tout à la supériorité deson travail sur toutes les Traductions envers François, dont la Poésie ancienne,avoit jusqu alors été déshonorée.
On peut porter un jugement sem-blable de la Traduction des Géor-
(0 Voyez la Note (a).