Preuvepar inex-périen-ce del’aveu-gle-néguéripar Chi-selden.
§o DE LA PHILOSOPHIE
ment qu’il eût ouvert les yeux , eût jugédes distances * des grandeurs & des situa-tions, il eut été vrai que les angles optiques*formez tout d’un coup dans fa rétine, eus-sent été les causes immédiates de ses senti-mens. Auffi le Docteur Barclay assûroit a-près Mr. Loke (& allant même en cela plusloin que Loke ) que ni situation, ni gran-deur, ni distance, ni figure » ne seroit au-cunement discernée par cet aveugle , dontles yeux recevroient tout d’un coup la lu-mière.
Mais o à trouver Paveugle , dont dépen-doit la décision indubitable de cette ques-tion ? Enfin en 172p. Mr. Chiselden, urtde ces fameux Chirurgiens, qui joignent l’ad-dresse de la main aux plus grandes lumièresde l’esprit, ayant imaginé qu’on pouvoitdonner la vûe à un aveug!e-né , en lui ab-baiísantce qu’on appelle des cataractes, qu’ilsoupçonnoit formées dans ses yeux» pres-qu’au moment de sa naissance , il proposal’opération. L’aveugle eut de la peine à yconsentir. II ne concevoit pas trop, quele sens de la vûe pût beaucoup augmenterses plaisirs. Sans l’envie qu’on lui inspira
d’ap-