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d’apprendre à lire & â écrire,il n’eût pointdésiré de voir. II vérifíoir par cette indif-férence, qu’íï est impossible d'être malheureux ,par la privation des biens dont on n'a pas d'i-dée: vérité bien importante. Quoi qu’il estsoit, l’opération fut faite & réussit. Ce •jeune homme d’environ quatorze ans , Vitla lumière pour la premiere fois. Sonexpérience confirma tout ce que Loke &Barclay avoient si bien prévu. II ne distin-gua de long-tems ni grandeur,ni distance^ni situation , ni même figure. Un objetd’un pouce, mis devant son œil, & qui luicachoit une maison , lui paraissait auíïïgrand que la maison. Tout ce qu’ilvoioit, lui scmbloit d’abord être fur sesyeux, & les toucher comme les objets dutact touchent la peau. II ne pouvoit dis-tinguer ce qu’il avoit jugé rond à l’aide deses mains, d’avec ce qu’il avoit jugé angu-laire , ni discerner avec ses yeux , si ceque ses mains avoient senti être en hautòu en bas , étoit en effet en haut ou enbas. II étoit si loin de connaître les gran-deurs, qu’après avoir enfin conçu par lavûe, que fa maison étoit plus grande quesá chambre, il ne concevoit pas commentF là