DE M. DE LA CONDAMINE. 249
dans ces déserts , sans autre nourri-ture que des fruits sauvages , et tour-menté par une fièvre dont heureuse-ment cette diète forcée le guérit. Ce-pendant il s’avancait dans les Cor-dillères, gravissant entre des fentesde rocher , traversant des torrentsSur d’immenses claies de lianes quiServent de pont , et qui ,- attachéesaux deux rochers opposés, se cour-dent sous le poids du voyageur , etta balancent au gré des vents.
Arrivé enfin au sommet d’une deces chaînes de montagnes qui for-ment les Cordillères , il entra dansUne vallée riante où tous les arbresétaient couverts à-la-fois de fleurs etde fruits, où les travaux des semaillesétaient réunis à ceux de la récolte.C’est au fond de cette vallée qu’estsituée la ville de Quito, où les acadé-miciens se trouvèrent réunis aprèsh'eize mois de voyage. Les fonds ap-portés de France, les lettres que leA'oi d’Espagne avait données sur les