DE PASCAL. 439
Cette méthode d’aller à la raison,en ébranlant d’abord l’imagination,
son projet. Les nombreux apologistes quela religion chrétienne a eus dans ce siècle,comptant sur la bonté de leur cause, onttrop négligé les moyens humains. En vainun livre contient-il les raisonnements lesplus forts : pour qu’il soit utile , il fautqu’on le paisse lire. Pourquoi s’obstiner àcombattre les idées de tolérance, d’huma-nité , de bienfaisance universelle qui sontdans le cœur de tous les gens de bien ? Pour-quoi affecter tant de mépris pour ces scien-ces physiques qui ont donné à l’homme tantde ressources à opposer aux rigueurs de lanature ?
Pascal méprisait les sciences ; mais lessuccesseurs de Pascal ont-ils le même droitque lui? Surtout il ne fallait pas dire quel-’amour des sciences naturelles est un in-dice d’irréligion ; cette assertion, injurieuseà la religion même, est combattue par degrands exemples que ceux qui osent la fairesont eux-mêmes obligés de respecter.
La première chaire de'physique expéri-mentale , établie en France, est due engrande partie aux soins de M. le cardinalde Rochechouart ; et l’estime qu’il fait des