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Tome V.
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'47^ NOTE SUR UNE PENSEE

6.° Personne n’a jamais douté que ce nesoit un délit grave de ravager un champ■ cultivé. Au dommage fait au propriétaire,se joint la perte réelle d’une denrée néces-saire à la subsistance des hommes. Cepen-dant, il y a des pays où les seigneurs ontle droit de faire manger, par des bêtesfauves, le blé que le paysan a semé; oùcelui qui tuerait l’animal, qui dévaste sonchamp , serait envoyé aux galères , seraitpuni de mort ; car on a vu des princesfaire moins de cas de la vie d’un homme ,que du plaisir d’avoir un cerf de plus àfaire déchirer par leurs chiens. Dans cesmêmes pays, il y a plus d’hommes em-ployés à veiller à la sûreté du gibier, qu’àcelle des hommes ; souvent il arrive que ,pour défendre des lièvres, les gardes tirentsur les paysans ; et comme tous les jugessont seigneurs de fiefs , il n’y a pointd’exemple qu’aucun de ces meurtres aitété punis. Là, des provinces entières y sontréservées aux plaisirs du souverain. Lespropriétaires de ces cantons y sont privésdu droit de défendre leurs champs par unenclos , ou de l’employer d’une manièrepourlaquellecetteclôture serait nécessaire.Il faut que le cultivateur laisse l’herbequ’ila semée, pourrir sur la terre, jusqu’à ce