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La peinture alpestre / par William Reymond
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« augmenter la profondeur de la scène et ouvrant ainsi un vaste« champ à l’imagination. Celle-ci peut, en face de la nature comm e« devant l’œuvre de l’artiste inspiré, s’égarer dans les replis tortueux« d’un torrent qui se perd dans le lointain obscur des gorges pr°'

« fondes ; s’élever avec les cimes aériennes qui semblent apparte-« nir plutôt au ciel qu’à la terre, suivre les contours indécis d’une« vapeur légère qui, suspendue au flanc des monts, va se perdre« dans l’azur, pour faire de cet ensemble un tout harmonieux.

«Telle scène des Alpes peut aussi bien que la mer et les lointains« les plus fuyants d’un pays plat, donner l’idée de l’infini. Ce n’est« donc pas dans la configuration des Alpes qu’il faut chercher ^ ;

« cause du peu d’attrait, de la froideur qu’on remarque dans h s« reproductions qu’on en fait. Ce n’est pas non plus dans la cou-« leur qui leur est propre, et qui, aussi bien que dans tout autre.< pays, a ses splendeurs et ses harmonies. Il faut la voir dans I e« peu de sérieux et de persévérance ou’on met à les étudier, dans« les partis pris et les systèmes d’école, qui s’accommodent mieux« d’une nature où ils trouvent leur application, que de celle qui« rejette tout préjugé, tout système, et devant laquelle un grand« maître, en plaine, n’est qu’un enfant, s’il ne l’aborde avec l’at" j« tention sérieuse qu’elle réclame.

« Il faut donc la sentir et l’aimer d’abord, puis l’étudier a ver« persévérance, sous peine de tomber dans l’exagération de l a« forme comme de la couleur ; et je ne serais pas éloigné de croire,

« que si les grands artistes que j’ai nommés, eussent vécu dans nos« Alpes, au lieu d’habiter l’Italie , la peinture alpestre serait créée« et aurait ses adeptes comme elle a ses admirateurs. Tout ce qu>

« est grand, noble, poétique, est compris par des artistes d’élite, pouf« lesquels les difficultés de l’entreprise ne sont qu’un appât de« plus. »

Que M. Calame nous pardonne, s’il y a eu de l’indiscrétion »citer ces belles paroles d’une lettre qui nous était particulièrement 1