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fort différents, mais animés d’un môme esprit et poussés simultané-ment par le môme vent, était donc le fruit naturel et mûri d’unegrande pensée. Genève, affranchie de la domination française , en seEntant suisse pour la première fois, élargissait son horizon du côté'tas Alpes et de l’histoire héroïque de ce petit peuple dont elle étaitfière de partager la gloire et la liberté.
Maintenant que le vent de l’enthousiasme est tombé, nous som-mes las de peinture et de littérature alpestres. Le sentiment nationalsemble s’être flétri au contact des idées humanitaires, dont le résul-tat, loin de fortifier l’idée sociale, a été de resserrer, au contraire,l’individualisme plus que jamais. De là est née dans les arts une es-pèce d’éclectisme négatif qui a détruit toute impulsion générale. Lafantaisie a envahi le domaine de la peinture, en se donnant un fauxair d’originalité et de liberté, et l’on en est venu jusqu’à ne teniraucun compte de la science passée.
Sans doute c’est une très-noble envie des peintres de nos joursque de vouloir faire du nouveau. Nous vivons réellement sur d’ex-cellents principes, et nous croyons que cela suffit. Nous savons, parexemple, que le beau est dans le simple, que la nature renfermetas secrets les plus intimes de l’art et qu’il n’y a qu’à se fier à ellepour être sûr de rencontrer la vérité. Ce sont là précisément lesidées qui ont toujours caractérisé les grands artistes. Mais il fautse sentir bien fort pour s’abandonner ainsi à soi-môme. N’oublionsPas que les grands génies sont éminemment harmonieux, qu ils pos-sèdent un mélange exquis de méthode et d'inspiration, de sagessee t de fougue, de calcul et de poésie. Nous croyons faire comme euxen ne les imitant qu’au moment où ils ont commencé à dépasser lev ulgaire. Mais ils ne nous ont pas dit tout ce qu ils avaient acquis desolide par l’étude et par la tradition, et nous oublions trop facile-ment qu’ils n’ont élevé leur statue si haut que parce qu’elle avaitPour piédestal toute la science antérieure.
Oui, la nature est la source toujours pure et inépuisable du beau,